Télécoms

Les téléphones chinois à l’assaut de la Suisse

Après Huawei, Xiaomi et Oppo vendent désormais leurs smartphones en Suisse, via des partenariats avec Swisscom et Sunrise. Ces fabricants profitent de leur avance sur la 5G pour tenter de s’établir en Europe et attaquer Samsung et Apple

Ce n’étaient jusqu’à présent que des marques connues au Vietnam, en Inde ou en Thaïlande. Brusquement, Oppo et Xiaomi arrivent en Suisse, via des partenariats avec Swisscom et Sunrise. Ces deux fabricants chinois de smartphones font irruption cette semaine sur le marché helvétique avec des mobiles 5G et espèrent imiter leur confrère Huawei, établi depuis plusieurs années. Pour Apple et Samsung, leaders du marché, la concurrence s’intensifie.

Depuis mercredi, Swisscom commercialise ainsi le modèle Reno 5G d’Oppo. C’est la première fois qu’un téléphone de la marque chinoise est vendu par un opérateur helvétique. Connu avant tout en Asie pour ses modèles à prix réduit, tout comme Xiaomi, Oppo s’attaque immédiatement au marché du haut de gamme en Suisse, avec un appareil vendu 999 francs, soit 100 francs de plus qu’un iPhone XR. Et dès jeudi 2 mai, c’est Sunrise qui se vante de deux premières: il est le premier opérateur au monde à vendre le smartphone Xiaomi Mi MIX 5G (847 francs) et le premier en Suisse à proposer le Huawei Mate 20X (5G) à 997 francs. Les premiers tests de ces appareils, réalisés à l’étranger, sont positifs.

Course à la 5G

Ces partenariats inédits font des heureux des deux côtés. Swisscom et Sunrise, lancés dans une course à la communication sur la 5G, trouvent avec Oppo, Xiaomi et Huawei les premiers fabricants qui proposent des mobiles compatibles avec cette technologie. A noter qu’à la différence de Huawei, ni Oppo ni Xiaomi ne sont la cible d’accusations d’espionnage. Samsung ne commercialisera son S10 5G qu'en juillet, alors qu’Apple ne lancera sans doute pas avant 2020 un iPhone 5G. Pour les fabricants chinois, cette course à la 5G est une aubaine: plus rapides que leurs concurrents, notamment sud-coréens, ils s’offrent une vitrine de prestige en ciblant notamment le marché helvétique.

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Mais n’est-ce pas risqué, pour les opérateurs, de proposer des marques quasi inconnues du grand public? «Oppo a fait ses preuves en Asie, il est présent dans plus de quarante pays et est à la pointe de la technologie, affirme un porte-parole de Swisscom. A ses débuts, Huawei était aussi très peu connu en Suisse, et ses appareils ont depuis trouvé leur public.» Huawei propose ses smartphones depuis 2012 environ dans le pays. Selon une étude de Comparis parue fin 2018, le fabricant chinois détient environ 8% du marché helvétique, derrière Apple (44%) et Samsung (36%). De son côté, Sunrise rappelle que «Xiaomi est une grande marque. Il est logique d’offrir un vaste choix d’appareils 5G à nos clients.»

Au niveau mondial, selon Strategy Analytics, Samsung demeure le numéro un (21,7%), devant Huawei (17,9%), qui devance désormais Apple et ses 13%. Suivent Xiaomi (8,3%) et Oppo (7,7%), une dizaine d’autres fabricants se répartissant les 31,3% restants.

Huawei devant

Reste à savoir si les deux nouveaux venus en Suisse pourront s’y installer durablement. «Clairement, Oppo et Xiamo profitent de la 5G pour gagner des parts sur les marchés suisse et européen. La 5G pourrait rebattre les cartes entre les fabricants de smartphones, et les Chinois veulent en profiter», estime Neil Mawston, directeur de la société de recherche britannique Strategy Analytics. Mais ce n’est pas gagné, poursuit-il: «Oppo et Xiaomi ne battront pas Samsung, Apple ou Huawei en Europe occidentale, car ces derniers ont des marques plus puissantes, de meilleures forces de vente et davantage de ressources pour créer de meilleurs appareils et services. En Suisse, nous nous attendons à ce qu’Oppo et Xiaomi détiennent à eux deux une part de marché inférieure à 10% sur le long terme.»

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Oppo, qui organisait son premier événement marketing la semaine passée à Zurich, affiche ses ambitions. Fondée en 2004, elle a attaqué le marché européen en 2018. «Depuis un an, nous proposons nos smartphones dans dix pays européens. Et ce n’est qu’un début», affirme la société. Oppo et Xiaomi sont d’autant plus enclins à sortir de Chine, que tous, hormis Huawei avec sa part de 34%, sont en recul sur ce marché.


La baisse des ventes d’iPhone se confirme

Les iPhone ont généré 31,05 milliards de dollars de chiffre d’affaires au cours des trois premiers mois de l’année, soit une baisse de 17%, a communiqué Apple dans la nuit de mardi à mercredi. Le groupe avait indiqué dès janvier que ses résultats seraient affectés par des ventes plus faibles d’iPhone. «Novembre et décembre ont été les plus difficiles», mais les «baisses ont été significativement plus modérées au cours des dernières semaines du trimestre, donc la tendance est encourageante», a assuré le directeur Tim Cook lors d’une conférence téléphonique, assurant que la chute du marché chinois avait ralenti grâce notamment à des «baisses de prix». Apple ne dit plus combien d’iPhone ont été vendus, indiquant seulement le revenu qui en est tiré.

Le chiffre d’affaires global a baissé de 5% à 58 milliards de dollars. Le bénéfice net est ressorti en baisse de 16%, à 11,56 milliards de dollars. Mercredi, l’action ouvrait en hausse de près de 6%. LT

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