Technologie

Téléphonie mobile: mettons fin aux moratoires

OPINION. Difficile de dire ce qu’il adviendra au niveau du rayonnement des antennes après la publication du rapport du groupe de travail «Téléphonie mobile et rayonnement». En attendant, il faut que les moratoires décidés par certains cantons soient levés

Aucune conclusion claire: jeudi, le groupe de travail «Téléphonie mobile et rayonnement» a décidé… de ne pas décider. Tiraillé entre des membres aux opinions extrêmement différentes, le groupe s’est logiquement contenté de mettre sur la table cinq options pour la suite. Celles-ci vont d’un durcissement des règles concernant le rayonnement des antennes à un assouplissement, en passant par le statu quo.

Il ne va donc rien se passer de nouveau en Suisse avant plusieurs mois, voire plusieurs années. Swisscom, Sunrise et Salt ne pourront pas à court terme augmenter la puissance de leurs antennes, alors que la saturation de leurs réseaux guette. C’est regrettable pour eux. Mais aussi pour les consommateurs.

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La prudence a prévalu et la Suisse va ainsi conserver des valeurs limites dix fois plus basses que celles préconisées par l’Organisation mondiale de la santé. En parallèle, le groupe de travail a précisé que la 5G – actuellement en tout point comparable à la 3G et à la 4G – n’est, en l’état présent des connaissances, pas nocive.

Ce rapport doit rassurer les personnes sceptiques face à la 5G et plus globalement au rayonnement de toutes les antennes. Même si l’on sait que 90% du rayonnement auquel nous sommes soumis est de notre propre responsabilité: c’est le téléphone que l’on conserve dans notre poche alors qu’il pourrait être posé un peu plus loin, c’est le routeur wi-fi que l’on n’éteint pas la nuit ou encore l’ordinateur portable que l’on tient sur ses genoux…

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A très court terme, il faut s’intéresser à un autre point crucial: les moratoires ou simili-moratoires décidés dans plusieurs cantons, dont Vaud. Il faut que les autorités cantonales les lèvent. D’abord parce qu’ils n’ont aucun sens – les opérateurs respecteraient toujours, même sans moratoire, les valeurs limites, que ce soit pour la 3G, la 4G ou la 5G. Ensuite, on peut le lire dans le rapport publié jeudi, il n’y a pas de raison d’avoir d’inquiétude pour la 5G.

Ces moratoires sont donc non seulement absurdes en soi – voire sans doute illégaux au vu de la législation fédérale –, mais ils risquent aussi de prétériter, à terme, les citoyens et l’économie dans sa globalité. Ce ne sont pas quelques semaines que les opérateurs perdent dans les cantons où des moratoires sont en vigueur; il s’agit de plusieurs mois, voire de plusieurs années, car Swisscom, Sunrise et Salt redirigent déjà leurs investissements vers les cantons où ils peuvent travailler.

Alors que la saturation des réseaux guette dans certaines zones urbaines, attention à ne pas ralentir le développement de réseaux d’importance vitale – tout en respectant des normes sanitaires très strictes. C’est simplement une question de bon sens.

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