«En télétravail, je prends plus de temps à justifier ce que je suis en train de faire qu’à le faire réellement.» Ce triste constat est celui de Sonia*, qui travaille pour une ONG romande. En cause: son chef, très anxieux, qui a besoin de preuves permanentes que ses collaborateurs travaillent à distance. «Lors de la première vague, il y avait l’idée qu’on rattraperait notre retard au deuxième semestre, mais on voit maintenant que ce n’est pas le cas, rapporte Sonia. Et comme nos activités sont ralenties, notre action est un peu moins palpable, ce qui le stresse d’autant plus, je pense.»

«Tu ne répondais pas, tu étais au spa?»

Pour s’assurer que tous mettent la main à la pâte, le supérieur de Sonia exige de chacun une liste de ses tâches. «Et il nous pose beaucoup de questions, c’est un ping-pong d’e-mails. Avant, je répondais à mes e-mails une fois le matin, une fois l’après-midi, mais je ne peux plus faire ça. Sinon, nous avons droit à des remarques, toujours sur le ton de l’humour, comme: «Tu ne répondais pas, tu étais au spa?» On fait aussi des conférences pour justifier qu’on est en train de réfléchir sur un projet, pour montrer sa présence en ligne.»