Ce n’est qu’une question de mois, voire de semaines. D’ici peu, l’opérateur vaudois de téléphonie mobile Salt lancera des offres sur le réseau fixe. La société basée à Renens doit vendre de l’accès à Internet, un service de télévision et de téléphonie fixe. A l’occasion de la publication, ce jeudi, des résultats annuels 2016, le directeur de Salt a glissé que se contenter de proposer de la téléphonie mobile ne suffisait plus: «La concurrence devient de plus en plus agressive, avec des offres combinant fixe et mobile. Alors que nous n’avons que des services mobiles à proposer», a déclaré Andreas Schönenberger.

Le directeur n’a pas voulu en dire plus – «je préfère parler des services lorsqu’ils sont lancés» –, mais sous-entend que Swisscom et Sunrise pourraient lui mener la vie dure cette année. Le premier lancera, mi-avril, de nouvelles offres «InOne» mêlant fixe et mobile avec des rabais progressifs. Le second commercialise depuis mi-mars une offre haut de gamme illimitée pour 139 francs par mois. Salt, propriété de l’homme d’affaires français Xavier Niel, pourrait louer de la fibre optique dans plusieurs villes auprès de Swisscom ou auprès de services industriels pour entrer sur le marché du fixe.


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De moins en moins d’employés

D’ici là, l’opérateur tire profit de la restructuration intervenue en 2015 et en 2016. Son EBITDA (résultat opérationnel) a progressé de 315 à 432 millions de francs, lui permettant d’afficher un bénéfice net de 98 millions, après une perte de 100 millions l’année précédente.

Pour y parvenir, l’opérateur a procédé à une restructuration en plusieurs phases. «Nous avons baissé nos coûts dans tous les domaines, a affirmé Andreas Schönenberger. Nous avons internalisé l’informatique, la gestion du réseau et le marketing, puis fusionné nos activités pour les particuliers et les entreprises. Et tous nos processus ont été simplifiés.» En parallèle, l’opérateur a procédé à plusieurs vagues de licenciements: Salt compte 789 équivalents plein-temps, contre 833 fin 2015 et 893 fin 2014. En 2002, le groupe comptait 1700 employés. Le chiffre d’affaires a quant à lui baissé de 1,246 milliard de francs à 1,124 milliard l’an passé.

En parallèle, l’opérateur a pu stopper l’hémorragie de clients. Après une perte de 4000 abonnés en 2015, Salt en a gagné 52 000 l’an passé, pour afficher un total de 1,2 million. L’opérateur ne veut plus indiquer le nombre de clients en prépayé – mais nul doute qu’il a baissé, comme chez Swisscom et Sunrise. Salt a beau être à nouveau en croissance, il fait moins bien que Sunrise, qui pu compter 85 000 abonnés de plus en 2016, pour un total de 1,485 million d’unités. Par contre, Salt a fait mieux que Swisscom, qui avait acquis 51 000 abonnés l’an passé (3,841 millions au total).

Promotions en ligne

L’opérateur, non coté en bourse – à la différence de Swisscom et de Sunrise – ne fournit pas de prévisions pour 2017. Il paraît certain qu’il gagnera de nouveaux abonnés, notamment via les promotions longue durée qu’il affiche sur son site, mais aussi via Facebook, Instagram ou Snapchat. Souvent, des abonnements sont cédés moitié prix pour une durée de 24 mois. Ces rabais durent si longtemps que Salt aimerait que les comparateurs de prix en ligne les intègrent désormais dans leurs calculs.

Souffrant depuis des mois d’une mauvaise réputation, liée notamment à des problèmes de gestion des factures, Salt affirme avoir surmonté ses problèmes. Andreas Schönenberger a mis en avant une étude réalisée en mars par le magazine allemand «Connect», portant sur son centre d’appel. Salt y décrochait 434 points avec la mention «très bon», juste derrière Swisscom (439) et devant Sunrise (424). A noter que Salt continue d’étendre son réseau de magasins: il en a déjà ouvert trois cette année, pour en totaliser actuellement 87. De plus, Salt vient de signer avec M-Electronics pour y vendre ses abonnements. En 2016, le contrat entre l’opérateur et Mobilezone avait été cassé.