L’opérateur télécoms suédois TeliaSonera va supprimer 2000 emplois – soit 7% de ses effectifs – après avoir fait état d’une baisse de ses bénéfices. Cette décision grave n’était pourtant pas le premier des sujets abordés jeudi par Lars Nyberg, patron du groupe, lors de son point trimestriel sur son activité.

Ce dernier s’est focalisé sur l’Ouzbékistan. Et ce, en raison de l’enquête pour corruption et blanchiment d’argent actuellement en cours et concernant son acquisition d’une licence de téléphonie 3G dans ce pays, il y a cinq ans. «Ces accusations sont sérieuses […] alors laissez-moi le dire, le répéter, comme je l’ai déjà dit auparavant: TeliaSonera n’a corrompu personne», a martelé Lars Nyberg.

Pistes menant en Suisse

Le patron de TeliaSonera a refusé d’entrer dans les détails, invoquant le secret de l’instruction entourant les recherches de l’unité anti-corruption du Ministère public suédois, «avec laquelle nous coopérerons». En parallèle, une enquête sollicitée par le groupe à un cabinet d’avocats rendra ses conclusions dès la fin de l’année. Le conseil d’administration de TeliaSonera a en outre nommé un ancien ambassadeur en Russie – Tomas Bertelman – afin de le conseiller sur la stratégie à suivre en Asie centrale.

Révélée dans un documentaire diffusé le mois dernier par la chaîne télévisée suédoise SVT, cette histoire des versements réalisés par TeliaSonera en Ouzbékistan dessine une ramification nordique à une autre affaire de blanchiment en Suisse: celle portant sur 600 millions de dollars et sur laquelle la justice suisse enquête depuis le début de l’été. Quatre ressortissants ouzbeks sont visés, dont une jeune femme d’une vingtaine d’années, présentée comme la «confidente» de la fille du président ouzbek par la chaîne SVT. Mais également comme l’administratrice d’une société-écran qui avait encaissé les virements de TeliaSonera. Des documents obtenus par l’agence de presse suédoise Tidningarnas Telegrambyra la semaine dernière ont en outre établi des liens d’affaires – notamment la constitution d’une société immobilière parisienne – entre Gulnara Karimova et l’un des prévenus ouzbeks.