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Le témoin clé d’un scandale minier en Guinée passe aux aveux

Un ancien intermédiaire du groupe BSGR a tenté de faire disparaître des preuves selon la justice américaine. Conakry doit toujours se prononcer sur la pérennité des licences minières du conglomérat lié au milliardaire Beny Steinmetz

Scandale minier en Guinée: un témoin passe aux aveux

Justice Un ancien intermédiaire du groupe BSGR a tenté de faire disparaître des preuves

Un citoyen français au cœur d’une enquête internationale sur les conditions du transfert d’un gisement minier en Guinée il y a six ans a avoué à New York qu’il avait bien tenté de soudoyer un témoin clé. Ceci afin de lui faire signer de fausses déclarations et de faire disparaître des preuves, explique un communiqué publié lundi soir par le Département américain de la justice.

Agé de 51 ans, cet intermédiaire dirigeait une société employée en Guinée par BSGR – conglomérat minier dépendant d’une fondation dont le bénéficiaire est le milliardaire israélien Beny Steinmetz – dans le cadre de l’obtention de concessions en 2008. BSGR dit avoir investi 165 millions de dollars sur une zone de la montagne de Simandou, le plus grand gisement de fer en attente d’exploitation. En 2010, la société en a revendu 51% au brésilien Vale, pour 2,5 milliards de dollars. L’importance de la plus-value et des soupçons de corruption ont conduit la Guinée à engager en 2011 une procédure judiciaire contre BSGR.

Faites taire la veuve

Les ramifications de cette affaire s’étendent jusqu’à Genève où une enquête a été ouverte à la suite d’une demande d’entraide judiciaire déposée par la Guinée en août 2013. L’an passé, le domicile genevois de Beny Steinmetz avait été perquisitionné et ce dernier entendu par la justice. Contacté, son avocat Marc Bonnant rappelait hier que l’intermédiaire français ayant reconnu avoir fait obstruction à l’enquête américaine «n’a jamais mis en cause ni BSGR, ni Beny Steinmetz; pas plus qu’il n’a indiqué avoir agi pour le compte de l’un ou l’autre».

L’affaire a véritablement pris de l’ampleur après l’arrestation aux Etats-Unis, il y a un an, de cet intermédiaire. Selon des écoutes du FBI, celui-ci a tenté d’acheter le silence d’une veuve de l’ancien président guinéen, exilée en Floride.

Le verdict de Conakry

Suite à cette annonce, le ministre guinéen de la Justice, Cheik Sako, a salué «le soutien sans relâche des Etats-Unis dans la lutte contre la corruption en Guinée».

Arrivé au pouvoir en 2010, le président Alpha Condé a entrepris de revoir les contrats miniers datant de son prédécesseur. Créé à cet effet, un «Comité technique de revue des titres et conventions miniers» doit notamment se prononcer sur ceux obtenus par BSGR. Vendredi, le groupe minier a indiqué à l’agence Bloomberg que ce comité était sur le point de recommander au gouvernement le retrait de ses concessions, ainsi que de celles de Vale. Avant de dénoncer un «plan orchestré pour [l’]exproprier». Une information qualifiée de «prématurée» par Nava Touré, président de ce même comité. Ce dernier assure n’avoir «pas émis de recommandations finales» dont dépend l’avenir en Guinée de BSGR.

Conakry a salué salue «le soutien sans relâche des Etats-Unis dans la lutte contre la corruption»

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