Médias

«Le Temps» continue de gagner des lecteurs

Le quotidien romand enregistre 9000 fidèles de plus sur six mois, selon l’Institut de recherches et d’études des médias publicitaires. Comme l’an dernier, la presse écrite se maintient à un niveau élevé. Mais la situation est contrastée

Les journaux et magazines suisses ont, dans l’ensemble, conservé leurs lecteurs durant ces six derniers mois, indique mardi l’Institut de recherches et d’études des médias publicitaires (REMP). En Suisse romande, Le Matin souffre, à l’inverse du Temps et des régionaux. Le quotidien romand enregistre ainsi 9000 fidèles de plus (112 000) sur six mois et peut compter sur 48 000 lecteurs en ligne. Cette hausse repose en partie sur le report des lecteurs de feu L’Hebdo.

Comme l’an dernier, le print se maintient à un niveau élevé: 93% de la population lit régulièrement un média reposant sur l’imprimé. La proportion des adeptes du papier et de ceux qui préfèrent l’offre en ligne s’est maintenue à respectivement deux tiers pour un tiers. Les utilisateurs des deux canaux pour un même titre sont marginaux (6%).

20 minutes en allemand, français et italien reste le poids lourd de la presse suisse. Dans ces trois langues, il touche chaque jour plus de 2,7 millions de personnes, qu’il s’agisse d’un lecteur du journal ou d’un utilisateur unique sur le web. En Suisse romande, le gratuit sur papier a gagné 10 000 lecteurs en six mois (496 000) et le site en compte 305 000, selon les derniers chiffres d’audience MACH Basic 2018-1 et de NET-Metrix SA.

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Dans le même segment, Le Matin suit avec 218 000 lecteurs, soit 16 000 de moins que lors du dernier pointage en octobre. Cette érosion n’est même pas compensée en ligne, la fréquentation passant de
124 000 à 112 000 utilisateurs.

Plusieurs journaux régionaux se maintiennent

L’édition dominicale ne va pas mieux: en un an, Le Matin Dimanche est passé de 405 000 lecteurs à 371 000, une baisse qualifiée de «significative» par l’étude. L’éditeur Tamedia a d’ailleurs lancé en mars une nouvelle formule avec des cahiers thématiques remaniés.

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La Liberté et son e-paper restent stables à 94 000 (à quoi il faut ajouter 3000 lecteurs en Suisse alémanique), tout comme ArcInfo, produit de la fusion de L’Express et de L’Impartial (73 000).

La Tribune de Genève se maintient à 106 000 lecteurs, mais gagne des intéressés en ligne par rapport à octobre 2017 (+ 4000, à 79 000). En revanche son cousin vaudois, 24 Heures, voit son lectorat s’éroder, de 176 000 à 162 000 personnes. La version en ligne connaît la même tendance baissière, passant de 76 000 à 67 000.

En Valais, Le Nouvelliste réussit quant à lui à garder ses 115 000 lecteurs après la forte hausse (7000) enregistrée lors du dernier pointage. En ligne, il affiche une pénétration de 28 000 personnes. Côté jurassien, Le Journal du Jura a gagné 1000 lecteurs au cours des six derniers mois (27 000). A l’inverse, Le Quotidien Jurassien en compte 2000 de moins (41 000). Depuis octobre, les gratuits Lausanne Cités et GHI (Genève Home Information) ont tous deux perdu en audience, le premier 7000 lecteurs (84 000) et le second 8000 (149 000).

Pas de crise pour les grands distributeurs

Au rayon magazines, L’illustré est également en perte de vitesse, de 294 000 fidèles à 269 000, une baisse qualifiée de significative sur six mois. L’hebdomadaire compte 31 000 lecteurs en ligne. Bilan suit la même glissade, le lectorat passant de 57 000 il y a un an à 41 000. Femina est tout autant en perte de vitesse, de 255 000 il y a un an à 217 000 aujourd’hui.

En revanche, les journaux des grands distributeurs ne connaissent pas la crise. Migros-Magazine se maintient avec 662 000 lecteurs et Coopération en compte 6000 de plus qu’il y a six mois (687 000). Les Alpes, la revue du club alpin (CAS), enregistre une forte progression avec 8000 lecteurs de plus (61 000).

Les médias alémaniques en recul

En Suisse alémanique, la situation est moins rose pour bon nombre de grands journaux. Le Blick est passé de 519 000 lecteurs papier il y a un an à 477 000, une perte jugée significative par MACH-Basic. Blick am Abend ne va pas mieux: la version du soir a perdu près de 60 000 lecteurs sur un an (534 000). Les deux éditions ont également perdu des fidèles sur le web. Via ce canal, la version gratuite touche toutefois encore 119 000 personnes et la version payante 697 000.

Les deux principaux quotidiens politiques du pays affichent une perte d’audience sensible. La NZZ est passée de 265 000 lecteurs à 239 000 en l’espace d’un an, tandis que le Tages-Anzeiger s’est fait lâcher par près de 80 000 lecteurs sur la même période (380 000). La NZZ a réussi à atténuer quelque peu ces pertes par un gain en ligne (+ 16 000), ce qui n’est pas le cas du «Tagi». La Weltwoche a, elle, gagné 3000 lecteurs sur les six derniers mois (193 000).

Les dominicaux alémaniques sont également en recul. Le SonntagsBlick passe de 607 000 lecteurs il y a un an à 564 000. La SonntagsZeitung affiche une baisse encore plus sévère, totalisant 70 000 fidèles en moins sur douze mois (558 000). La NZZ am Sonntag limite les dégâts, passant de 427 000 à 406 000 lecteurs.

Il n’est pas possible d’établir le nombre de lecteurs online de ces journaux car ils ne disposent pas d’un site web séparé. Les lecteurs sont donc comptabilisés sur les sites principaux du Blick, de la NZZ et du groupe Tamedia pour la SonntagsZeitung.

Au sud des Alpes, les audiences des principaux journaux sont stables. Le Corriere del Ticino compte 103 000 lecteurs, le Giornale del Popolo en perd 2000 (35 000). Quant à La Regione, qui avait gagné en pénétration lors du dernier pointage, elle recule à nouveau, passant de 95 000 à 92 000 lecteurs. Le dominical il Caffè passe de 80 000 à 77 000 et l’organe de la Lega Il Mattino della Domenica de 62 000 à 60 000.

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