Un chiffre d’affaires réduit de moitié et des pertes qui se chiffrent en dizaines de millions de francs pour MCH Group. Le spécialiste de l’événementiel qui s’est vu contraint d’annuler plusieurs événements en raison de la pandémie, dont Art Basel et Baselworld, fait part mercredi de prévisions sombres pour 2020.

MCH indique dans un communiqué que son chiffre d’affaires devrait baisser de 230 à 270 millions de francs d’ici à la fin de l’année, ce qui représente une chute de 50% par rapport à 2019. De précédentes estimations faisaient état d’une diminution de 130 à 170 millions de francs. «Une reprise hésitante est attendue en 2021 et le chiffre d’affaires devrait augmenter de 70 à 100 millions de francs par rapport à l’exercice 2020», précise encore le communiqué.

Le groupe a revu ses estimations en se basant «sur la persistance de la crise du coronavirus avec une augmentation des infections dans le monde entier». Il évoque de grandes incertitudes concernant son activité commerciale, en raison de l’évolution difficilement prévisible de la pandémie et de ses conséquences.

Opposition d’un actionnaire

Pour faire face à cette situation, MCH a récemment annoncé sa volonté de procéder à une augmentation de capital de 104,5 millions de francs. Le groupe prévoit notamment de faire entrer la société d’investissement américaine Lupa Systems, fondée par James Murdoch, dans son actionnariat. Elle pourrait détenir à terme 30 à 44% du capital-actions de MCH. Ce plan doit être validé en assemblée générale le 3 août.

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La proposition de la société événementielle a été jugée valable par la Commission fédérale des OPA, mais le groupe a été informé le 24 juillet d’une opposition déposée par l’un de ses principaux actionnaires, LLB Swiss Investment AG. Cette entité en main du gestionnaire d’actifs zurichois Erhard Lee détient 9,8% des parts de MCH.

Dans une interview accordée à l'agence de presse économique AWP le 23 juillet, Erhard Lee indique ne pas être «obstinément opposé à une augmentation de capital, pour peu que celle-ci devienne réellement nécessaire». Selon lui, les conditions proposées sont cependant inacceptables. Le plan de MCH prévoit que les cantons de Bâle-Ville, de Bâle-Campagne et de Zurich ainsi que la ville de Zurich détiennent 33,3% des actions au terme de l’augmentation de capital. Erhard Lee considère que le contribuable est floué et que l’entreprise a besoin d’un «avenir indépendant de l’Etat pour se développer».

MCH déclare dans son communiqué de mercredi que «l’opposition ignore presque totalement la nécessité du paquet de mesures financières». La société estime que LLB Swiss Investment AG «est manifestement désireuse de rendre une restructuration impossible afin de démanteler ensuite l’entreprise et de maximiser la valeur de sa participation au détriment de son personnel et des sites de Bâle et de Zurich».