La disparition brutale de Carsten Schloter, le 23 juillet dernier, semble a priori liée à des raisons privées. C’est ce qu’avançait le 20 août le Tages-Anzeiger, faisant part d’une lettre laissée par le directeur de Swisscom, évoquant ses sentiments difficiles après sa séparation d’avec sa femme, mère de ses trois enfants. Le 23 août, le magazine Bilanz apportait un éclairage complémentaire sur les relations entre Carsten Schloter et Hansueli Loosli, président du conseil d’administration de Swisscom.

Les rapports entre l’ancien directeur de Coop, président de Swisscom depuis 2011, et le directeur de Swisscom n’étaient pas bons. «La laisse de Carsten Schloter était de­venue soudainement très courte», écrivait Bilanz, Hansueli Loosli exigeant des rapports réguliers, toujours écrits. L’homme voulait contrôler les moindres détails, Carsten Schloter se plaignant, selon une source, que son président veuille «diriger Swisscom comme il avait dirigé Coop».

Hansueli Loosli – qui ne s’est ni exprimé dans le cadre de l’article, ni après – a ainsi lancé le projet «Triathlon» en 2012, avec l’aide du cabinet McKinsey, visant une ré­duction de 15 à 20% du nombre de cadres intermédiaires. Le président avait lancé un programme similaire chez Coop, avec le même partenaire. Et Carsten Schloter se serait distancé nettement de Triathlon.

Hansueli Loosli se serait trop ­impliqué dans l’opérationnel, ne laissant que la stratégie à Carsten Schloter, selon Bilanz . Celui-ci, qui n’avait en plus pas apprécié de devoir céder la direction de la filiale suisse en 2012, aurait songé à quitter l’opérateur cette année et s’était mis en contact avec des recruteurs.