Ce cinquième sommet du G20 a débuté par un dîner de travail réunissant notamment les présidents américain Barack Obama et chinois Hu Jintao, qui s’est conclu jeudi vers 21h30 heure locale (12h30 GMT). Les dirigeants des économies les plus importantes de la planète doivent poursuivre leurs travaux vendredi en cherchant notamment quels remèdes à apporter aux déséquilibres économiques mondiaux.

De ce point de vue, M. Obama, déjà affaibli par une récente défaite électorale, a été contraint de faire face à un déluge de critiques avant même son arrivée à Séoul. Plusieurs pays, dont la Chine et l’Allemagne, ont accusé les Etats-Unis de faire preuve d’égoïsme en faisant tourner la planche à billets, via l’injection de 600 milliards de dollars supplémentaires, favorisant ainsi la faiblesse du dollar au détriment de leurs économies.

Cette politique vise à «stimuler la croissance» aux Etats-Unis «mais aussi à l’étranger», a rétorqué jeudi M. Obama. La veille, il avait déjà assuré qu’une forte reprise américaine était «la meilleure contribution» que les Etats-Unis pouvaient faire à la croissance mondiale.

Mais il est «difficile de faire ça si nous commençons à voir les importants déséquilibres économiques qui ont contribué à la crise se développer à nouveau», a également averti M. Obama.

La première puissance économique mondiale entendait donc limiter les excédents des puissances exportatrices, Chine et Allemagne en tête, mais été contrainte de renoncer à des objectifs chiffrés, face aux critiques de Pékin et de Berlin.

«Fixer politiquement des plafonds aux excédents ou aux déficits des comptes courants n’est ni économiquement justifié ni politiquement approprié», a affirmé la chancelière allemande Angela Merkel.

Le G20 pourrait du coup déboucher au mieux sur un accord a minima demandant au Fonds monétaire international (FMI) d’élaborer des directives pour réduire les écarts entre pays déficitaires et excédentaires.

M. Obama a souhaité que le communiqué final du sommet, qui faisait l’objet jeudi d’âpres négociations au niveau ministériel, «commence à mettre en place des mécanismes qui nous aideront à identifier et à encourager une telle croissance équilibrée et durable».

Le président chinois Hu Jintao s’est engagé de son côté lors d’une rencontre bilatérale avec M. Obama à continuer sur la voie d’une réévaluation du yuan, réclamée avec insistance par Washington. Mais, a-t-il averti, cela ne pourra se faire que dans un «environnement extérieur favorable» et de manière progressive.

Mercredi, il s’était montré plus critique en appelant les Etats-Unis à «prendre leurs responsabilités et à faire face à leurs propres problèmes».

La chancelière allemande Angela Merkel a pour sa part demandé que le G20 s’engage fermement contre le protectionnisme, que plusieurs pays redoutent dans le sillage d’une «guerre des monnaies».

«Il y a des craintes que nous soyons bel et bien entrés dans des dévaluations compétitives nous rappelant la Grande dépression» des années 30, a averti le Premier ministre japonais, Naoto Kan. Le président brésilien sortant Luiz Inacio Lula da Silva s’est montré tout aussi dramatique en jugeant que le mondait courait «à la faillite» si les pays riches ne relançaient pas davantage leur demande intérieure, au lieu de privilégier les exportations.

Dans les rues de la capitale sud-coréenne, quelque 3.000 manifestants ont défilé contre la tenue du sommet, étroitement encadré par des milliers de policiers.