A la fin de mai, Swiss Derivatives OTC Trading System, abrégé Swiss Dots, fêtera son cinquième anniversaire. Avec cette plateforme de négoce de produits à levier, le courtier en ligne Swissquote a permis aux émetteurs d’éditer un grand nombre de dérivés à des conditions avantageuses. Les responsables ont promis à leurs clients un choix largement diversifié.

L’addition est la même du côté des banques et de celui des traders: en ce moment, Swiss Dots compte plus de 64 000 produits à levier. Aux côtés des deux partenaires fondateurs, UBS et Goldman Sachs, Commerzbank et Deutsche Bank animent la structure. Alors qu’au second semestre 2012 quelque 40 000 transactions ont été réalisées sur la plateforme OTC, au premier semestre 2016, elle a franchi la barre des 100 000 transactions. Par comparaison, chez SIX le nombre de transactions s’est réduit d’un cinquième depuis 2012. Bien sûr, l’opérateur de la bourse continue d’enregistrer bien plus d’opérations dans ce segment, mais son avance diminue. Avec quelque 18 300 titres à levier, SIX est aujourd’hui déjà en désavantage pour ce qui concerne le choix.

«Quote request»

Pendant ce temps, le nombre d’utilisateurs de Swiss Dots a fortement augmenté en mai de l’an dernier: 60 000 clients PostFinance y ont désormais accès. Ils peuvent recourir à cet outil de 8 à 22 heures tous les jours d’ouverture de la bourse. Outre les heures d’ouverture étendues, le modèle d’affaires se différencie également de manière significative de celui de SIX. Swiss Dots se fonde sur un système dit de «quote request» (demande d’offre en ligne): l’investisseur envoie à l’émetteur une requête de prix pour le produit de son choix. En réponse, la banque établit un cours pour lequel le trader peut opiner dans les dix secondes. A la différence de SIX, la banque n’est pas liée à l’offre et peut se retirer dans le cadre d’une fenêtre de temps prédéterminée.

Jürg Schwab, directeur du département négoce de Swissquote, souligne la fiabilité de Swiss Dots. «Nous n’avons pas eu de gros problèmes jusqu’ici, ni avec la plateforme ni avec la palette de produits des émetteurs ou avec des transactions erronées.» Dans l’attente du cinquième anniversaire de la structure, le manager espère un essor supplémentaire: «Pour d’autres banques, la coopération avec PostFinance a déclenché de l’intérêt à s’impliquer.» L’extension ultérieure de la communauté des utilisateurs pourrait à son tour séduire d’autres émetteurs. «Swiss Dots devrait en tout cas continuer de croître vigoureusement», souligne le manager.

UBS, Credit Suisse et Novartis les plus recherchés

La Commerzbank s’assigne le même objectif. Avec plus de 22 000 produits, l’établissement de Francfort propose actuellement le plus grand choix à Swiss Dots. L’éventail s’étend des warrants classiques aux certificats Factor en passant par les mini-futures. A l’aide de cet arsenal, les investisseurs peuvent parier avec levier dans toutes les classes d’allocation importantes, à la hausse ou à la baisse. Pour Andreas Stocker, expert en dérivés à la Commerzbank, une préférence claire se dégage: «En 2016, la moitié de nos ventes par le biais de Swiss Dots a concerné des produits indiciels.» Des produits adossés sur le DAX, le Dow Jones et le SMI. Mais pour les valeurs individuelles, ce sont UBS, Credit Suisse et Novartis qui marchent le mieux. «La reprise des prix du pétrole a en outre pour conséquence que les produits à levier sur le Brent et le WTI ont été vivement négociés», explique Andreas Stocker.

Commerzbank a été de la partie au premier Swiss Dots Trading Day, un événement organisé par Swissquote avec UBS. A Zurich même et par le biais d’un livestream, la manifestation a rassemblé plus de 600 participants. «Cet écho positif montre un vif intérêt en Suisse pour les produits à levier et le trading», se réjouit Robin Lemann, Head Public Distribution UBS (Suisse). Selon lui, dans ce segment de marché, tout repose sur le transfert de connaissances: «De manière générale, les clients se muent toujours plus en investisseurs soucieux de décider par eux-mêmes.» Les premières années de Swiss Dots lui donnent raison. Pour son cinquième anniversaire, il est difficile d’imaginer le paysage suisse des produits structurés sans cette plateforme.