Revue des idées économiques

Le terrorisme réduit la criminalité

Un travail de recherche analyse les effets de 120 actes terroristes commis en Israël sur les vols de voitures, les agressions et les cambriolages. Le coût des actes criminels est accru et la petite criminalité est notablement réduite.

La recherche économique se penche de plus en plus sur le terrorisme et la criminalité. Selon une hypothèse assez fréquente, le terrorisme accroît la propension à commettre un crime parce qu’il accroît les tensions sociales. Et comme il détourne l’attention des forces de police dans le reste d’une ville ou d’un district, les actes de petite criminalité seraient plus aisés à commettre et plus nombreux. En termes économiques, on dirait que le coût du passage à l’acte pour les criminels serait réduit. Une étude effectuée en Argentine en 2004 par les économistes Di Tella et Schargrodsky montrait toutefois une baisse des vols de voitures ans les zones directement concernées par un attentat terroriste.

L’étude de Gould et Stecklov (1), de l’Université hébraïque de Jérusalem, montre de façon plus détaillée que le terrorisme accroît le coût des actes criminels et réduit donc le nombre des délits tels que les cambriolages, vols de voitures ou agressions dans l’espace public. C’est la première étude effectuée sur les effets spaciaux et temporels du terrorisme et c’est aussi la première à intégrer autant de catégories de délits. Elle porte sur 120 actes terroristes faisant au moins une victime dans 17 districts différents d’Israël entre 2000 et 2005. Et elle observe les délits commis jusqu’à cinq jours plus tard.

Les résultats contredisent l’hypothèse initiale. Le terrorisme réduit en fait la criminalité courante. Les auteurs estiment que le coût de la criminalité s’accroît pour les malfaiteurs potentiels. A la suite d’un acte terroriste, les habitants changent leurs habitudes et leurs loisirs. Ils restent plus volontiers à la maison les jours suivants et compliquent la tâche des éventuels cambrioleurs. Pour ces derniers, l’acte terroriste est interprêté comme «une externalité négative». Il ajoute une barrière de sécurité supplémentaire, même si la police ne modifie pas sa présence. L’effet est plus marqué dans les lieux proches de l’acte terroriste.

Terror and the costs of crime, Eric Gould et Guy Stecklov, Discussion Paper Series 4347, 2009

Publicité