«Nous avons vraiment besoin d’un meilleur marquage sur les routes en Californie, c’est incroyable. Si nous étions en Allemagne, au Japon ou en Chine, ce serait génial. Nous pourrions voir des lignes clairement.» Dans la nuit de mercredi à jeudi, Elon Musk, directeur de Tesla, a pesté contre le marquage des routes autour de l’aéroport de Los Angeles. Lors d’une conférence de presse, il a surtout présenté une mise à jour de son logiciel pour ses véhicules électriques. Le programme permet désormais aux véhicules, en se basant entre autres sur le marquage des routes, de rouler de manière semi-autonome.

Comme les fabricants de smartphones, Tesla met régulièrement à disposition de ses clients des mises à jour pour leur véhicule. La version 7.0 du système d’exploitation de ces véhicules électriques intègre la possibilité de rouler de manière semi-automatique, via la fonction «Autopilot». Le véhicule utilise alors pleinement les huit capteurs à ultrasons, GPS, caméras et radars intégrés dans la carrosserie pour changer de file sur l’autoroute, adapter sa vitesse aux véhicules alentour et trouver une place de parc.

En Europe la semaine prochaine

Cette mise à jour concerne tous les véhicules vendus après septembre 2014. Elle est gratuite pour les propriétaires de modèles S et X qui ont acquis au préalable un pack idoine. Sinon, ils devront débourser environ 2500 dollars, soit 2400 francs. La mise à jour est disponible aux Etats-Unis et le sera la semaine prochaine en Europe et en Asie. Pour mémoire, Tesla a vendu 11 580 modèles S lors du troisième trimestre, avec l’objectif d’atteindre les 50 000 à 55 000 modèles écoulés sur l’entier de 2015. Le modèle X, un 4x4, a été présenté fin septembre et le carnet de commandes de ce véhicule compte plus de 20 000 unités, affirme Tesla.

Voici l’une des expériences mises en ligne entre mercredi et jeudi:

Elon Musk a insisté mercredi soir sur la nécessité de garder les mains sur le volant. Mais pour l’heure seulement. D’ici à trois ans, il sera possible de se rendre de son bureau jusque chez soi sans toucher le volant, selon lui. Pour l’heure, Autopilot permet, à une vitesse minimum de 18 miles par heure (28,8 km/h), de changer de piste sur la route en actionnant simplement le clignotant. La vitesse est aussi adaptée au trafic, Elon Musk promettant une conduite ni agressive ni trop tranquille, par rapport aux autres véhicules. Ses voitures sont désormais aussi capables de chercher une place de parc aux alentours et de s’y insérer.

Des limitations

Il y a pour l’heure des limitations. Le système ne fonctionne que sur des routes avec des lignes bien tracées. Autopilot n’est pas encore capable de reconnaître la couleur des feux et ne fonctionne que par beau temps. Mais Elon Musk a affirmé que ses systèmes progressaient sans cesse, l’ensemble des Tesla en circulation partageant les données entre elles et avec le constructeur.

Selon un analyste de la société de recherche spécialisée dans l’automobile Kelley Blue Book, cité par le «Guardian», Tesla met la pression sur toute l’industrie automobile avec ses innovations. D’autres fabricants annoncent des progrès et «c’est le jeu que nous pourrons observer dans les 5 à 10 prochaines années, d’ici à ce que la conduite autonome devienne une réalité. Chaque fois qu’un constructeur annoncera une innovation, tous les autres devront se mettre à niveau.»