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Les capacités de l’usine de Tesla à Fremont (Californie) étant dépassées, Elon Musk a fait bâtir juste à côté une immense tente avec une nouvelle chaîne de production.
© EPA/HANDOUT

Automobile

Tesla et son PDG Elon Musk au cœur de la tempête

Le fabricant de voitures électriques est en conflit ouvert avec un ex-employé, accusé de sabotage. Celui-ci dénonce en retour les conditions de production. Tesla est de plus en plus sous pression pour tenir ses objectifs

C’est un ex-employé qui accuse la société de prendre des risques sur ses chaînes de montage. Ce sont des objectifs de production jugés irréalistes. Ce sont des réserves de cash qui s’effondrent. Et c’est la construction, en urgence, d’une immense tente pour y fabriquer des véhicules. Plus un jour ou presque ne passe sans qu’une mauvaise nouvelle ne touche Tesla. Le fabricant américain de voitures électriques haut de gamme se bat sur tous les fronts pour sa survie.

Cette semaine, c’est le conflit ouvert entre Tesla et un ex-employé, Martin Tripp, qui a de nouveau braqué les projecteurs sur l’entreprise. A l’œuvre dans la «Gigafactory» de la société, basée au Nevada et spécialisée dans les batteries, Martin Tripp accuse notamment son ex-employeur d’insérer des batteries usagées dans ses voitures Model 3 et de gonfler artificiellement les chiffres de production. En face, la société dirigée par Elon Musk a immédiatement réfuté ces accusations et répliqué: l’ancien collaborateur – à qui une promotion avait été refusée – aurait hacké des gigaoctets d’informations, dont des photos et une vidéo sur les systèmes de production de Tesla, dans le but de nuire à la société.

Accusations tous azimuts

Dans un e-mail adressé à ses employés, Elon Musk accuse cet employé de sabotage au sein de son usine et d’avoir voulu changer du code informatique dans ses systèmes. Le directeur de Tesla soupçonne, dans son message, l’industrie pétrolière et d’autres fabricants automobiles de vouloir faire tomber sa société.

Lire aussi: Tesla supprime 9% de ses effectifs dans l’espoir de devenir rentable

Cette affaire illustre la tension qui règne chez Tesla. D’ici à fin juin, soit le week-end prochain, le constructeur doit avoir atteint la barre des 5000 Model 3 produites par semaine. Cet objectif a été répété à plusieurs reprises par Elon Musk, notamment le 12 juin, lorsque Tesla licenciait 9% de ses effectifs, soit près de 4000 personnes. Mais ce but semble aujourd’hui irréaliste: selon une étude de Business Insider parue cette semaine, Tesla aurait produit 30 000 Model 3 depuis le 1er janvier, dont 6000 en juin. Rappelons que le Model 3, pour lequel 450 000 clients potentiels ont déjà versé un acompte de 1000 dollars, doit permettre, via son prix de 35 000 dollars, de faire entrer Tesla dans la catégorie des constructeurs de masse.

Tente géante

Pour l’heure, il en est loin, avec des capacités de production qui ne sont pas suffisantes. Au point que Tesla a érigé, entre le 27 mai et le 18 juin, une sorte de tente à côté de son usine pour y établir en urgence une nouvelle chaîne de production. Conçue en toile tendue et en aluminium, cette structure serait déjà opérationnelle. «C’est un signe de désespoir, mais cela pourrait fonctionner», estimait cette semaine un spécialiste de la production industrielle cité par Quartz. Selon lui, pour être rentable, une usine doit tourner à plus de 80% de ses capacités, et produire environ 200 000 véhicules par an. Tesla veut toujours fabriquer un demi-million de voitures d’ici à fin 2018, mais ce chiffre est remis en question par la majorité des analystes.

Lire aussi: Elon Musk est-il hors de contrôle?

Toujours dans les chiffres rouges – avec des pertes cumulées de 5,4 milliards depuis ses débuts –, Tesla espère être bénéficiaire durant le second semestre de cette année. Ce qui inquiète surtout les investisseurs, ce sont les besoins de la société en cash: Elon Musk estime qu’il n’aura pas besoin de lever des fonds ces prochains mois, or Moody’s pense qu’il lui faudra chercher 2 milliards de dollars sur les marchés cette année. Goldman Sachs Group estime même que les besoins en capitaux seront de 10 milliards de dollars d’ici à 2020 pour assurer l’expansion de Tesla.

Numéro un du marché

Sur le marché automobile, Tesla résiste encore aux assauts de ses concurrents dans le segment des véhicules électriques. Ainsi, si l’on observe les estimations du site spécialisé InsideEVs pour le marché américain, on constate que le Model 3 s’est le mieux vendu en mars (3820 unités écoulées), devant le modèle Prius Prime de Toyota (2922), le modèle Bolt EV de Chevrolet (1774 unités) et le modèle LEAF de Nissan (1500 unités).


SolarCity aussi touché

Il y a deux ans, Tesla rachetait le fabricant américain de panneaux solaires SolarCity, fondé par deux cousins d’Elon Musk, pour 2,6 milliards de dollars. Vendredi, l’agence Reuters affirmait que cette société allait être touchée par la restructuration annoncée mi-juin par Tesla. Ainsi, une douzaine de bâtiments dédiés à l’installation et la vente de panneaux solaires de SolarCity vont être fermés. Une soixantaine de lieux resteront ouverts, selon Reuters. SolarCity employait environ 15 000 personnes fin 2015 mais a supprimé depuis des milliers d’emplois, toujours selon l'agence. LT

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