Le fabricant de véhicules électriques Tesla, porté par des livraisons record au premier trimestre, a vu son chiffre d'affaires décoller de 74% sur la période et ses profits bondir.

Le groupe d'Elon Musk est parvenu à recueillir 10,39 milliards de dollars (8,6 milliards d'euros) de revenus de janvier à mars, dépassant les prévisions des analystes (10,29 milliards de dollars, soit 8,5 milliards d'euros).

Lire aussi: Tesla gagne sa course contre la montre

Le groupe avait déjà indiqué avoir livré près de 185 000 véhicules sur les trois premiers mois de l'année, un niveau sans précédent «en dépit de multiples défis, dont des facteurs saisonniers, l'instabilité de la chaîne d'approvisionnement et la transition vers les nouveaux modèles Model S et Model X», a souligné lundi Tesla.

Des incidents qui n'empêchent pas un profit massif

Comme l'ensemble du secteur automobile, le groupe a notamment pâti d'une pénurie de semi-conducteurs. Mais il a affirmé avoir pu «surmonter» ce problème «en partie en pivotant extrêmement rapidement vers de nouveaux microcontrôleurs, tout en développant simultanément de nouveaux micrologiciels pour les nouvelles puces fabriquées par de nouveaux fournisseurs».

La société s'est aussi retrouvée sur la sellette ces derniers jours après l'accident mortel d'une Tesla roulant apparemment sans conducteur, qui a conduit à un regain d'attention sur les systèmes d'assistance à la conduite qu'il propose.

L'entreprise a vu son profit s'élever à 438 millions de dollars (362,3 millions d'euros) de janvier à mars, contre 16 millions (13 millions d'euros) sur la même période en 2020.

Ajusté par action et hors éléments exceptionnels, la référence à Wall Street, cela revient à 93 cents là où les analystes anticipaient 79 cents.

Une voiture à moins de 25 000 dollars promis pour 2023

Fondé en 2003, Tesla s'était pendant longtemps concentré sur l'essor de sa production, en investissant des milliards de dollars dans des nouveaux sites et modèles, plutôt que sur sa rentabilité. Mais il est parvenu pour la première fois en 2020 à dégager un bénéfice net sur une année entière.

«Même si le prix moyen de vente de nos véhicules a reculé au premier trimestre, notre marge brute sur l'activité automobile a progressé par rapport au trimestre précédent car nos coûts ont reculé encore plus vite», a souligné l'entreprise lundi.

Elon Musk a promis une voiture à moins de 25 000 dollars pour 2023. Au premier trimestre, le prix moyen d'une Tesla, tous pays confondus, s'affichait à moins de 38 000 dollars, contre 84 000 dollars environ en 2017.

«Il y a maintenant une consistance continue aussi bien au niveau des bénéfices, de la production, de la croissance, que des volumes de ventes», a souligné l'analyste Karl Brauer, du site spécialisé Iseecars. «S'il y avait encore des doutes sur le fait que Tesla puisse être une start-up prospère, je pense qu'ils sont maintenant levés.»

Une concurrence croissante

Le constructeur automobile, qui avait annoncé en janvier vouloir faire croître ses livraisons de 50% en moyenne par an pendant plusieurs années, n'a pas changé ses prévisions, ce qui reviendrait à environ 750 000 véhicules pour 2021. Les travaux dans les usines en cours de construction à Berlin, en Allemagne, et à Austin au Texas, «restent dans les délais» pour que la production puisse y démarrer d'ici la fin de l'année, a souligné Tesla.

Le titre de Tesla reculait d'environ 2% vers 22h35 (en Suisse) dans les échanges électroniques suivant la clôture de la Bourse. Il est en légère hausse depuis le début de l'année, après avoir bondi de plus de 700% en 2020.

Lire encore: Les véhicules électriques made in China prennent du galon

Le groupe a pendant longtemps dominé le marché des véhicules électriques mais fait face à une concurrence croissante, de la part de start-up comme Rivian, mais aussi de constructeurs traditionnels comme General Motors ou Volkswagen. Selon le cabinet spécialiste Cox Automotive, Tesla représentait ainsi 71% des ventes de véhicules électriques aux Etats-Unis au premier trimestre, contre 83% sur la même période en 2020.