A gauche, Toyota, qui a vendu au total 10,74 millions de voitures en 2019. A droite, Tesla, avec 367 000 véhicules électriques commercialisés l’année passée. Avec une telle différence de volumes, le groupe nippon et son concurrent américain ne semblent pas appartenir à la même catégorie. Et pourtant. Les capitalisations boursières de ces deux constructeurs n’ont jamais été aussi proches. En ce milieu de semaine, Tesla atteignait pour la première fois les 190 milliards de dollars (179 milliards de francs) de valorisation. En face, son rival japonais est valorisé 216 milliards de dollars.

De 157 milliards de dollars au début de cette année, la différence entre les deux sociétés n’est ainsi plus que de 26 milliards, un écart que plusieurs analystes voient disparaître dans les prochains mois. Mercredi, l’action de Tesla gagnait 9%, dépassant pour la première fois le cap des 1000 dollars, à 1025 dollars. Jeudi, le titre reculait de 1,7% à l’ouverture de Wall Street. Si les investisseurs sont aussi optimistes pour la société dirigée par Elon Musk, c’est en raison de plusieurs tendances positives qui se dessinent.

La Chine, futur eldorado

La première, c’est un engouement prévu pour les modèles électriques en Chine. Ainsi, Dan Ives, analyste auprès de la société d’investissement Wedbush Securities, estimait cette semaine dans une note que l’usine de Tesla en Chine, située à Shanghai, pourrait produire 100 000 voitures cette année. La construction de cette usine avait démarré en janvier 2019 et les premières Model 3 en étaient sorties le 30 décembre dernier. «Bien que le cours de l’action ait déjà augmenté, nous pensons que le principal catalyseur reste l’énorme marché chinois, qui montre des signes évidents d’une hausse de la demande pour Musk & Co. pour le reste de l’année», estime Dan Ives. L’analyste a ainsi augmenté son objectif de cours de 1350 à 1500 dollars.

Elon Musk, directeur du constructeur, affirme toujours – malgré l’arrêt forcé temporaire de son usine en Californie à cause du virus – que son objectif de produire, au total, 500 000 véhicules cette année sera atteint. L’entrepreneur vise également toujours un premier profit annuel pour l’exercice en cours.

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Engouement pour les camions

Le deuxième point qui ravit les investisseurs ne concerne pas les voitures, mais les camions. En ce début de semaine, une course a démarré entre Tesla et une autre entreprise américaine, Nikola – également nommée en référence à l’inventeur et ingénieur américain d’origine serbe, célèbre pour ses travaux sur l’électricité. Fondée en 2015 et basée à Phoenix (Arizona), Nikola développe des pick-up et camions à propulsion électrique et à hydrogène. Pour l’heure, aucun de ses véhicules n’a été mis sur le marché: les pré-commandes pour son premier semi-remorque électrique débuteront le 29 juin, pour une livraison prévue l’année prochaine.

Lundi et mardi, le cours de Nikola a bondi de plus de 110%, lui offrant une capitalisation proche de 30 milliards de dollars – soit davantage que Ford. Piqué par ce succès, Elon Musk a envoyé cette semaine un e-mail à ses employés pour accélérer le développement de son propre semi-remorque électrique, baptisé «Semi». Déjà présenté en 2017 pour une commercialisation prévue en 2019, ce modèle doit désormais être mis en vente en 2021. Son «Cybertruck» doit, quant à lui, commencer à être produit fin 2021.

Promesses pour les batteries

Un troisième point attise la curiosité des actionnaires: les progrès espérés dans les batteries. Le «Battery Day», sorte de journée des investisseurs menée par Tesla, doit se tenir ces prochains jours – aucune date n’a encore été fixée. Ce sera sans doute l’occasion pour Elon Musk de parler de Contemporary Amperex Technology Limited (CATL), une entreprise chinoise qui lui fournit déjà des batteries.

Selon son directeur, Zeng Yuqun, avec qui l’agence Bloomberg s’est entretenue en début de semaine, CATL serait désormais en mesure de produire une batterie capable de durer seize ans et 2 millions de kilomètres. «Si quelqu’un passe une commande, nous sommes prêts à produire», a promis Zeng Yuqun. Il est ainsi possible que les prochaines Tesla produites en Chine soient équipées de cette batterie – ce qui pourrait permettre à l’entreprise californienne de valoir davantage que Toyota.