Automobile

Tesla va équiper ses véhicules pour la conduite autonome

Le constructeur va activer progressivement ces nouvelles fonctionnalités, attendant les autorisations des régulateurs. Tesla prévoit huit caméras pour une vision à 360 degrés autour de la voiture

Le constructeur américain de voitures électriques Tesla a annoncé mercredi que toutes les voitures qui sortiront désormais de ses usines, y compris son futur modèle grand public Model 3, seront équipées des capteurs, caméras et radars nécessaires pour la conduite autonome.

Il faudra toutefois encore attendre pour que les véhicules conduisent véritablement tout seuls: Tesla prévoit de n’activer que très progressivement leurs nouvelles fonctionnalités et prévient qu’il est impossible de savoir à ce stade quand l’autonomie totale sera légale.

«Ça va nous prendre du temps pour une validation complète du logiciel et pour obtenir l’autorisation des régulateurs», a reconnu Elon Musk, lors d’une conférence téléphonique. «Mais la chose importante, c’est que les fondations sont posées pour que les voitures soient totalement autonomes, à un niveau de sécurité que nous pensons être au moins deux fois celui d’une personne, peut-être plus», a-t-il ajouté.

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Il a aussi promis «une démonstration de conduite en totale autonomie de Los Angeles à New York […] d’ici à la fin de l’année prochaine».

«Un superordinateur dans la voiture»

Tesla réaffirme ainsi son pari sur les voitures sans chauffeurs et leur confiance dans leur fiabilité, en dépit des enquêtes ouvertes ces derniers mois dans plusieurs pays après des accidents impliquant une voiture équipée de son actuel système d’assistance automatique à la conduite Autopilot.

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Concrètement, le nombre de caméras va passer de une à huit pour permettre une vision à 360 degrés autour de la voiture, et elles seront complétées par 15 capteurs ultrasoniques de nouvelle génération deux fois plus puissants que leurs prédécesseurs.

Elon Musk a aussi évoqué une puissance multipliée par 40 pour les équipements informatiques embarqués, qu’il a comparés à «un superordinateur dans la voiture».

Des mises à jour nécessaires

Dans l’immédiat, les voitures dotées des nouveaux équipements auront «temporairement» moins de capacités autonomes que celles ayant Autopilot, «y compris des options de sécurité de base comme le freinage automatique d’urgence, l’avertisseur de collision, le maintien dans une file et le régulateur de vitesse», selon un communiqué de Tesla.

Elon Musk a toutefois estimé que les nouveaux véhicules reviendraient à la parité avec leurs prédécesseurs «probablement en décembre, peut-être d’ici deux à trois mois», disant ensuite viser une mise à jour automatique améliorant leurs capacités tous les deux ou trois mois.

Sur son site internet, Tesla offre désormais aux acheteurs de ses deux modèles sur le marché (S et X) la possibilité d’activer au choix une version améliorée d’Autopilot pour 5000 dollars, ou les nouvelles fonctionnalités autonomes pour 3000 dollars de plus.

Une adaptation des législations attendue

La plupart des constructeurs automobiles et toute une série de groupes technologiques dont Alphabet (la maison mère de Google) ou Uber travaillent actuellement sur les voitures sans chauffeur. L’américain Ford ou l’allemand BMW se sont notamment fixé l’objectif d’une production en série en 2021.

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Beaucoup de ces acteurs disent envisager l’utilisation des véhicules autonomes dans le cadre de services à la demande (taxi, covoiturage ou voitures partagées), et font valoir qu’ils réduiront la mortalité routière, les embouteillages et la pollution.

L’arrivée effective de ces voitures sur les routes demandera toutefois une adaptation des législations existantes, et une clarification des responsabilités en cas d’accident. Interrogé mercredi sur ce dernier point, Elon Musk a répondu que ça dépendrait «de l’assurance de l’individu» qui possède la voiture.

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