Automobile

Tesla vaut bientôt autant que GM et Ford

L’action du fabricant américain de voitures électriques haut de gamme atteint des sommets. Pour l’heure, son directeur Elon Musk promet que les délais de livraison du Model 3 destiné au grand public seront tenus

En 2016, Tesla a vendu exactement 76 230 voitures. Dans le même temps, General Motors (GM) écoulait 10 millions de véhicules. De son côté, Ford devrait atteindre les 6 millions d’unités en 2016. Ces différences sont quasiment gommées en bourse. Le fabricant de voitures électriques haut de gamme possédait jeudi, à l’ouverture de Wall Street, une capitalisation de 43,4 milliards de dollars. Soit à peine moins que les 56,7 milliards de GM et les 50,3 milliards de Ford. Ces derniers jours, l’action de Tesla a atteint son plus haut taux historique, porté par l’optimisme d’investisseurs qui veulent croire aux promesses de son directeur, Elon Musk.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, l’entrepreneur n’a rien fait pour refroidir l’ardeur des actionnaires, impatients de voir le Model 3, devisé à 35000 dollars, sortir des usines – les modèles actuels S et X sont vendus entre 80000 et 100000 dollars. «Notre programme pour le Model 3 est sur les rails pour démarrer une production limitée en juillet et l’augmenter, pour dépasser les 50000 véhicules durant le quatrième trimestre et les 10000 unités par semaine en 2018», a affirmé Elon Musk. Le directeur a expliqué que les premiers prototypes étaient sortis d’usine début février et que les crashs tests avaient donné de bons résultats.

Plus de 400000 réservations

Pour mémoire, plus de 400000 personnes ont déjà versé 1000 dollars chacune pour réserver un Model 3. Tesla veut toujours produire 500000 véhicules par année dès fin 2018 et un million – dont des petits bus et des camions – aux alentours de 2020. Pour 2017, le constructeur a des objectifs moins élevés: entre 47000 et 50000 véhicules durant les six premiers mois de l’année. En parallèle, la société a dévoilé ses chiffres pour 2016: sa perte a atteint 675 millions de dollars (889 millions en 2015) pour un chiffre d’affaires de 7 milliards, en progression de 73%.

Lire aussi: Tesla s’engage dans une course contre la montre

Les analystes demeurent prudents face aux prévisions de Tesla et à l’enthousiasme des actionnaires. Mi-février, un analyste d’UBS écrivait dans une note que «nous peinons à comprendre le bond de l’action, vu que les promesses de livraison au quatrième trimestre 2016 n’ont pas été tenues». UBS «demeure prudent car de plus en plus de cash va être brûlé d’ici le lancement du Model 3». La banque explique la hausse de l’action par «la bonne relation entre Elon Musk et Donald Trump, la confirmation du timing pour le lancement du Model 3 et des attentes sur de nouvelles fonctions pour les voitures autonomes».

Reste que l’action a peut-être atteint son pic. Jeudi, à l’ouverture de Wall Street, le titre du constructeur perdait plus de 6% à 256 dollars.

«Ôter les lunettes roses»

De son côté, un analyste de Kelley Blue Book, spécialisé dans le marché automobile, se montrait tout aussi circonspect dans les colonnes du Los Angeles Times: «Elon Musk doit ôter ses lunettes roses et se concentrer sur le lancement de la production de son véhicule le plus important. Si la société ne peut pas produire 5000 voitures par semaine d’ici à fin 2017 – ce qui est très optimiste vu les obstacles rencontrés lors des précédents lancements –, la société pourrait trébucher et tomber à terre.»

Publicité