Le test du cancer colorectal que les start-up s’arrachent

Medtechs Novigenix s’est offert le dépistage Colox pour en faire décoller les ventes

L’entreprise en démarrage lausannoise Novigenix, créée fin 2014, a annoncé jeudi son rachat de Colox, un nouveau test sanguin de diagnostic génétique pour la détection du cancer du côlon et des lésions précancéreuses (polypes adénomateux). Commercialisée en Suisse depuis 2014, cette technologie a déjà obtenu le marquage CE. Les ventes de cet outil de dépistage précoce, développé localement par des chercheurs fribourgeois, doivent démarrer en Europe cette année. Objectif de Novigenix: faire décoller son utilisation par le corps médical.

A l’origine, le Colox a été développé par Diagnoplex, une start-up de dix personnes établie à Epalinges (VD), qui avait signé un contrat avec les laboratoires d’analyses médicales Unilabs pour une mise du test sur le marché. Depuis sa création en 2005, cette société a levé 20 millions de francs. Et cherchait à réunir encore 10 millions de francs supplémentaires d’ici à cet été, pour notamment accélérer la commercialisation du Colox, convaincre d’autres laboratoires en Suisse et en Europe de l’utiliser, et permettre un remboursement du test par les assurances maladie.

Novigenix a depuis la fin de la semaine dernière repris la main. Pour un montant de transaction tenu secret. «Nous envisageons d’ouvrir, avec Unilabs notamment, plusieurs autres canaux de distribution dans le monde. Avec pour priorité de développer le marché suisse. Puis nous étendre en Europe. Et, à terme, atteindre le marché américain, où le Colox n’est pas encore autorisé à la vente», explique son président exécutif, Brian Hashemi, également directeur de Salus Partners, une société d’investissement spécialisée dans les technologies de la santé.

La technologie dont la start-up vaudoise est à présent détentrice se penche sur une signature moléculaire basée sur l’expression de 29 gènes. Ce qui permet de détecter la réaction de l’organisme face aux lésions cancéreuses précoces de l’intestin, plutôt que la maladie directement, contournant ainsi les difficultés passées grâce au corps humain qui réagit dès que le segment du gros intestin situé entre le cæcum et le rectum est atteint. L’efficacité du test tutoie les 50% pour le dépistage des polypes et les 80% en ce qui concerne les cancers colorectaux.

Potentiel économique caché

De la prise de sang – quelques gouttes suffisent – au résultat, il faut compter environ trois jours. Prix de l’analyse: moins de 280 francs, soit environ quatre fois moins cher qu’une colonoscopie, méthode perçue comme invasive et peu confortable. «Le Colox, pour l’heure partiellement remboursé par les assurances à concurrence de 54 francs, n’est pas une fin en soi. Il est censé permettre de mieux orienter les personnes à risque [les hommes et les femmes de plus de 50 ans] vers le procédé d’évaluation traditionnel», précise toutefois Brian Hashemi.

Selon lui, seul un tiers de la population se soumet régulièrement aux tests de dépistage du cancer colorectal. Les débouchés du Colox s’annoncent par conséquent très importants. «Mais il est encore prématuré d’en chiffrer les retombées économiques espérées. Notre but immédiat est de réduire de façon significative le nombre de victimes du troisième cancer le plus mortel au monde», conclut-il.