Les turbulences de mai et juin n'ont pas épargné les produits structurés. Les statistiques de la Bourse suisse signalent une augmentation de 93% du chiffre d'affaires des produits dérivés en mai, par rapport à l'année précédente, soit bien plus forte que lors des trois mois précédents. Ensuite, en juin, l'accalmie est manifeste (+23% sur base annuelle).

Le recul des niveaux des indices en actions européennes s'accompagne d'une baisse de prix des certificats sur indices. C'est pour le moins logique. Toutefois le recul des seconds est inférieur à celui des indices. La détention de certificats s'est donc parfaitement justifiée. En Allemagne, un marché de produits structurés de taille comparable à la Suisse, l'indice DAX a perdu 5,5%, alors que la valeur des certificats sur actions n'a baissé que de 2,8%. Le profil de risque des deux catégories de produits est très différent, puisque la majeure partie de ceux-ci inclut une protection partielle ou complète du capital, explique François Zinder, responsable des produits structurés auprès de Sal. Oppenheim, à Zurich.

L'augmentation de l'incertitude et les fortes fluctuations de cours se sont traduites par une hausse de la volatilité implicite, un environnement qui profite aux certificats discounts, aux reverse convertibles ainsi qu'aux certificats bonus. Avec les premiers, l'investisseur achète un titre à un prix inférieur au cours actuel, mais limite son rendement maximal. La baisse des cours de mai et juin, ainsi que l'augmentation de volatilité qui en est résulté, ont l'avantage d'élever le rendement maximal. Mais, avertit François Zinder, attention à ne pas sélectionner l'un ou l'autre produit en fonction des plus fortes baisses. «L'investisseur doit d'abord avoir confiance dans le sous-jacent, par exemple dans Swiss Life et ses perspectives, et avoir une opinion sur le marché.

Dans le cas des certificats bonus, dont la particularité est une protection du capital conditionnelle, l'augmentation de volatilité est un avantage. Quant aux reverse convertibles récemment émis, ils profitent aussi bien de l'augmentation des taux d'intérêt que de la hausse de la volatilité. En effet, l'investisseur se positionne alors pour vendre de la volatilité, pour reprendre le langage de l'expert. Dans les conditions actuelles, le choix doit d'abord répondre aux attentes de l'investisseur et à son profil de risque. Un produit structuré avec capital protégé peut être la meilleure solution si l'investisseur craint un embrasement au Proche-Orient par exemple. Le produit peut être acheté soit à l'émission, soit en Bourse, sur le marché dit secondaire. Selon un autre spécialiste, si le produit a été lancé il y a un an, la hausse des taux d'intérêt réduit la valeur obligataire contenue dans le produit structuré.

Si la valeur de l'action est restée relativement stable, l'investisseur n'est que modérément affecté par une augmentation modérée de la volatilité, et peut ainsi profiter pleinement du potentiel du produit. En effet, une volatilité plus élevée accroît également la probabilité que le cours du titre sous-jacent connaisse aussi une hausse substantielle.