Le GIEC vient de publier un rapport alarmant: le changement climatique est une réalité et constitue désormais une source de préoccupation pour l'humanité. L'ambiance de fin du monde entretenue par les médias n'empêche pas une réflexion sensée. Il est aujourd'hui évident que les énergies renouvelables, en particulier le solaire, sont la clé d'une dépendance moindre des énergies fossiles. Le photovoltaïque est très populaire, mais la thermie solaire joue un rôle encore plus important.

La thermie solaire est éclipsée à tort par le photovoltaïque (PV). Cette technologie, utilisée aussi bien pour la production d'eau chaude sanitaire et le chauffage que pour la réfrigération, fournit déjà quinze fois plus d'énergie que le PV. Pourtant la thermie solaire ne suscite un large intérêt que depuis la récente flambée des prix du pétrole et du gaz.

Dans le monde entier, l'alimentation en eau chaude de quelque 45 millions de foyers est assurée par des capteurs solaires montés sur le toit. La thermie solaire remplace donc directement le gaz, le mazout ou l'électricité utilisés pour le chauffe-eau ainsi que le chauffage et la réfrigération. Selon une étude de la Banque Sarasin*, il est possible de couvrir jusqu'à 50% des besoins européens en chaleur à basse température avec la thermie solaire, qui peut donc se substituer à 30% des importations de pétrole. Les gouvernements ont compris que le solaire jouait un rôle clé dans la lutte contre le changement climatique et pour la réduction de la dépendance aux énergies fossiles.

Actuellement, 62% des installations de thermie solaires de la planète se trouvent en Chine et de nombreux projets sont en construction. Le marché chinois connaît une croissance annuelle de 20%, ce qui représente 77% des capacités installées dans le monde l'année dernière. La prédominance de la Chine s'explique avant tout par la densité de sa population. L'Autriche et la Suisse affichent en revanche la progression la plus élevée du rendement par 1000 habitants des nouveaux capteurs solaires.

Le marché suisse de la thermie solaire a progressé de 25% l'année dernière pour atteindre 33 mégawatts. Des signaux clairs de la part de la classe politique sont maintenant nécessaires pour que cette évolution réjouissante se poursuive. Il faudrait par exemple que la taxe sur le CO2 sur les combustibles soit introduite rapidement. Cette taxe se justifie d'autant plus que le prix du mazout en Suisse est le plus bas d'Europe, ce qui n'est pas propice aux économies d'énergie ou à la recherche d'alternatives.

Selon la dernière étude de la Banque Sarasin sur l'énergie solaire, ce marché devrait enregistrer d'ici 2010 une croissance de 25% à 30%, qui sera principalement soutenue par le développement dynamique de la Chine et de l'Europe. Maturité du marché oblige, le taux de croissance des nouveaux capteurs solaires installés devrait reculer à 20% par an entre 2011 et 2020. Cela signifie que le marché mondial représentera quelque 390 gigawatts d'énergie thermique en 2020.

Les centrales solaires entrent dans une phase décisive. La société Solar-Millennium, qui a reçu le feu vert pour le projet Andasol 1 en Espagne, va bâtir sur une surface de 2 km2 la plus grande centrale thermosolaire d'Europe. Actuellement, sept centrales thermiques solaires sont en construction dans le monde; deux d'entre elles alimentent déjà le réseau électrique. L'évolution du marché dépend du succès de ces projets.

La société dans son ensemble - et chacun d'entre nous - peut profiter de la thermie solaire, que ce soit en installant un capteur sur son toit - ce qui n'est malheureusement pas (encore) très rentable en Suisse - ou mieux, en investissant dans des actions solaires. Une attention particulière doit alors être accordée à la diversification, par exemple par l'intermédiaire de la société de participations New Energies Invest SA, dont le rendement a atteint quelque 20% l'année dernière, ou du nouveau fonds Sarasin New Power Fund. Les deux options sont tout bénéfice pour l'environnement et l'investisseur durable.