La première foire aux idées s'est tenue hier au Technopark de Zurich, sous l'égide d'Avenir Suisse et du Liberales Institut. Elle a permis de réunir les expériences et les réflexions de producteurs d'idées, comme les think tanks, autour d'une vingtaine de stands, à l'occasion d'exposés et au cours d'une table ronde avec les consommateurs d'idées, à savoir les autorités politiques.

L'initiative est venue de la fréquentation d'une rencontre similaire aux Etats-Unis, explique Robert Nef, directeur du Liberales Institut, à Zurich. Elle devrait se répéter, mais l'organisation devrait être tournante et confiée à d'autres think tanks. Parmi ceux présents, on compte des organismes aussi différents qu'economiesuisse, Swiss up, le Gfs de Claude Longchamp, le portail Internet CO2, Pro Libertate, Capital et Economie, ou des think tanks étrangers tels qu'Atlas ou le Stockholm Network.

On y rencontre aussi un centre de prévisions, comme le BAK Basel Economics. Son directeur, Christoph Koellreuter, se définit comme le groupe de pression de l'objectivité. «Il n'est pas déraisonnable de savoir si la croissance profite d'un milliard alloué à la recherche ou à Unique Airport, ou s'il est préférable de diminuer l'impôt sur les entreprises ou sur les individus.» Ce travail objectif le conduit à recommander aux politiciens de réformer prioritairement les universités, d'y réduire le financement public, ensuite de déréglementer et libéraliser les marchés et enfin de résoudre les déséquilibres budgétaires.

Si les foires aux idées fleurissenent, la demande de think tanks naît à peine, nuance Stefan Flückiger, d'economiesuisse. Aux Etats-Unis, ils sont nettement plus nombreux et mieux structurés. Cependant, même aux Etats-Unis, leur émergence est assez récente. Les think tanks sont nés de la crise des années 70 et de la nécessité de réformer les structures économiques. Heritage Foundation a été créé en 1973, le Cato Institute en 1977. Aujourd'hui, on en dénombre plus de 300. Leur influence est réelle, mais difficile à mesurer scientifiquement.

L'émergence d'une vague de think tanks semble pourtant se dessiner en Europe. «L'influence des fabriques à idées libérales est très forte aussi bien dans les médias qu'au gouvernement», insiste Jo Kwong, directeur d'Atlas economic research foundation. L'impact est visible aussi bien à court terme, dans les thèmes liés à l'environnement ou à la santé, qu'à long terme, sur le questionnement du rôle de l'Etat.

Le réseau libéral est en pleine expansion dans les autres continents. On a rencontré 600 participants à la foire aux idées (en anglais «resource bank») en avril dernier aux Etats-Unis. L'Afrique a créé sa première «Resource bank» l'an dernier et la seconde édition s'est tenue récemment. Enfin le mois dernier, Atlas a organisé la première Asia Resource Bank, qui a réuni 70 personnes de 20 pays.

Enfin, certains think tanks présents jeudi au Technopark s'apprêteront à rejoindre la Bulgarie où se tiendra une manifestation identique, à Sofia. L'idée n'est pas de réinventer la roue. Souvent la solution au problème d'une région a déjà été trouvée et mise en pratique dans un autre pays. D'où l'idée de réseau, une activité efficacement mise en pratique par le Stockholm Network notamment.