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Thomas Gottstein veut améliorer l'efficacité de l'entité suisse de Credit Suisse. Il vise un ratio charges/revenus de 60%, contre 68% en 2015.
© René Ruis

Banque

Thomas Gottstein, de Credit Suisse: «Nous avons fait les deux tiers du travail»

L’entité helvétique de Credit Suisse doit dégager 2,3 milliards de francs de bénéfice avant impôts cette année. Elle doit encore baisser ses coûts, et augmenter son chiffre d’affaires de 3 à 4%. Son directeur Thomas Gottstein fait le point sur un programme lancé en 2015

Agé de 53 ans, Thomas Gottstein dirige depuis 2015 l'entité suisse de Credit Suisse, qui est présidée par le Vaudois Alexandre Zeller. Thomas Gottstein fait un état des lieux de la stratégie globale définie par le directeur général Tidjane Thiam en 2015, qui se déploie sur trois ans, soit jusqu’à l’année prochaine.

Lire aussi: La transformation de Credit Suisse porte ses fruits

Le Temps: En 2018, vous devez réaliser 400 millions de bénéfices avant impôts supplémentaires, par rapport à 2017. Allez-vous y parvenir?

Thomas Gottstein: Nous travaillons dur et les signes sont bons. Au quatrième trimestre de 2017, nous avons dépassé le résultat du même trimestre de l’année précédente pour la huitième fois consécutive. Nous atteindrons notre objectif de 2,3 milliards de francs de bénéfices avant impôts pour 2018, si nous réalisons une croissance du chiffre d’affaires de 3-4% et des économies de coûts de 5-6%. Le quatrième trimestre de 2017 a montré que nos coûts directs ont diminué de 11% par rapport à l’année précédente. En même temps, il est clair que l’engagement total de la direction et des collaborateurs est nécessaire pour accroître encore la croissance au cours de cette dernière année de transformation de la banque.

Au cours des deux dernières années, nous sommes passés de 150 à 135 succursales et nous offrons de plus en plus de services en ligne

Comment se déroule l’application de ce plan depuis le début de l’année?

Les collaborateurs font un excellent travail et le début de 2018 a été très encourageant. Indépendamment de cela, il est important de noter d’où nous venons et que le bénéfice avant impôts en 2015 s’élevait alors à 1,6 milliard de francs. En d’autres termes, l’augmentation du bénéfice sur la période 2015-2018 sera de toute façon remarquable. En octobre 2015, personne ne pensait que nous pourrions le faire.

Quelle est la stratégie concernant les succursales?

Toutes les entreprises en Suisse et en Europe connaissent les mêmes tendances. La numérisation modifie massivement le comportement des clients. Ils se rendent beaucoup moins souvent dans les magasins et réalisent souvent leurs affaires en ligne. Nous nous adaptons aussi à cette tendance. Au cours des deux dernières années, nous sommes passés de 150 à 135 succursales et nous offrons de plus en plus de services en ligne. Par exemple, depuis l’été dernier, vous pouvez ouvrir votre compte en ligne depuis chez vous, sans papier, en 15 minutes. Cela ne signifie pas pour autant que les succursales n’ont plus d’avenir. Les clients continuent de préférer le contact personnel avec nous pour les transactions bancaires importantes, comme un conseil en placement global. Nous en tenons compte.

Combien de postes de travail seront supprimés cette année?

En octobre 2015, nous avions annoncé que la banque supprimerait un total de 1600 postes de travail sur l’ensemble du marché suisse sur une période de trois ans, ce qui correspond à environ 10% des employés en Suisse. C’est aussi mon objectif pour la structure de 10 000 personnes que je dirige. Nous avons déjà fait les deux tiers du travail, nous aurons atteint les 10% d’ici à la fin de l’année. Rien n’a changé.

Ce qui signifie donc 250 suppressions de postes à réaliser cette année. Vous aviez récemment parlé de 300, d’autres observateurs estiment qu’il en faudra plutôt 400.

Nous ne donnons pas de détails, mais sur l’objectif de 1000 postes, fixé en 2015 pour l’entité Suisse, une grande partie du travail a déjà été réalisée.

En 2015 et 2016, environ un tiers des collaborateurs concernés par les restructurations ont trouvé un nouvel emploi au sein de la banque

Avez-vous un plan social?

En Suisse, nous avons un plan social dont l’objectif est d’amortir au mieux les conséquences pour les employés touchés par les restructurations. Nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour aider les employés à l’intérieur et à l’extérieur de la banque à trouver un nouveau poste. Entre autres choses, les employés concernés sont soutenus dans le cadre de leur réorientation professionnelle et payés pendant sept mois. Pour les personnes de plus de 50 ans, le délai s’étend jusqu’à douze mois au maximum. En 2015 et 2016, environ un tiers des collaborateurs concernés ont trouvé un nouvel emploi au sein de la banque et, dans l’ensemble, 80%, si l’on prend en considération les emplois et les solutions trouvés à l’extérieur de Credit Suisse.

Quels sont les défis en termes de croissance du chiffre d’affaires?

Les défis concernent toutes les banques en Suisse. Selon les dernières statistiques de la BNS, les revenus de l’ensemble des banques en Suisse ont reculé de 3,5% en 2016, alors que les nôtres étaient restés constants cette année-là. Nous sommes également restés stables en 2017. Il y a eu aussi des facteurs externes: les taux d’intérêt négatifs, une faible volatilité et la poursuite de la croissance des marchés en 2017, qui ont fait que ce fut une bonne année pour les investisseurs, mais aussi une mauvaise année pour les banques, car il était difficile de vendre des produits de couverture des risques de change ou des risques de taux d’intérêt. Pour le moment, c’est le contraire qui s’est produit en 2018: une volatilité beaucoup plus élevée et des volumes beaucoup plus importants, ce qui est bon pour les banques.

La stratégie sur trois ans de Credit Suisse implique-t-elle aussi un gel des investissements?

Absolument pas! Nos employés sont les premiers concernés. Ils sont la clé la plus importante de notre succès. Nous investissons, entre autres, dans la formation de nos collaborateurs et dans la relève, pour laquelle nous allons également former cette année en Suisse quelque 1100 jeunes talents. Outre la numérisation, pour laquelle nous avons investi 100 millions de francs en Suisse rien que l’année dernière, nous réalisons également d’importants investissements dans notre offre pour les entreprises et les entrepreneurs. Nous sommes déjà la première banque d’entrepreneurs en Suisse et nous élargissons constamment notre offre pour les start-up, les PME et les grands clients.

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