Au-delà des affaires, et notamment celle de la filature d’Iqbal Khan, un reproche sous-jacent était constamment adressé à Tidjane Thiam: il bousculait les habitudes de l’establishment zurichois. En ce sens, la nomination de Thomas Gottstein pour lui succéder est une réponse adéquate à ces critiques.

D’abord, le nouveau grand patron de Credit Suisse est Suisse – le premier depuis le départ de Lukas Mühlemann, en 2002. Il est par ailleurs germanophone. Ensuite, il est plus sobre que Tidjane Thiam, moins «majestueux» – selon les termes employés par la NZZ. Thomas Gottstein semble avoir le profil idéal. Il est un pur produit bancaire zurichois. Actif chez Credit Suisse depuis 1999, il a auparavant travaillé pour le concurrent UBS. Depuis qu’il a quitté les bancs de l’Université de Zurich, dans les années 1990, et à l’exception de quelques incartades à Londres, il a passé toute sa carrière à la Paradeplatz.