Optique

Thomas Löhr, de Fielmann Suisse: «Contrairement à un opticien, Internet ne donne pas de conseils aux clients»

Fielmann est le deuxième plus grand groupe sur le marché suisse de l'optique. Pour conforter sa position, le géant allemand mise sur son réseau de magasins. Entretien avec son responsable pour la Suisse Thomas Löhr

Le marché des lunettes est en pleine effervescence. Pour 10 000 habitants, la Suisse compte deux fois plus d’opticiens que les autres pays européens, selon une étude publiée en 2017 par le Conseil européen d’optométrie et d’optique. Présent en Suisse depuis 1995, le géant allemand Fielmann s’est hissé à la deuxième place derrière son concurrent Visilab. Le responsable du groupe pour la Suisse, Thomas Löhr, explique son positionnement.

Le Temps: Que représente le marché suisse pour votre groupe?

Thomas Löhr: C’est le premier pays dans lequel Fielmann s’est installé après sa création en Allemagne. La Suisse représente 10 à 15% de notre chiffre d’affaires annuel, il s’agit donc d’un marché stratégique. Notre groupe y emploie 1400 personnes et cette année nous allons ouvrir notre quarantième magasin à Bulle, dans le canton de Fribourg. L’objectif est de trouver de nouveaux emplacements pour faciliter l’accès à nos services. Ce réseau de boutiques permet également de faire connaître la marque.

Une succursale suisse réalise en moyenne un chiffre d’affaires de cinq millions de francs, c’est-à-dire deux fois plus qu’un point de vente allemand

Le secteur de l’optique est toujours plus concurrentiel. Quelle est votre stratégie pour vous démarquer?

De nombreuses chaînes sont présentes sur le marché suisse. Pour nous démarquer, nous achetons une grande quantité de produits afin de proposer des prix attractifs. Fielmann fabrique également ses propres montures en Allemagne. Cela nous permet de proposer une large gamme de produits. La stratégie du groupe porte ses fruits. Nous vendons la même quantité de lunettes que notre concurrent Visilab, alors que nous possédons un tiers de magasins en moins. Une succursale suisse réalise en moyenne un chiffre d’affaires de cinq millions de francs, c’est-à-dire deux fois plus qu’un point de vente allemand. Notre groupe se positionne également sur le marché prometteur de l’aide auditive.

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Le numérique progresse dans le secteur de l’optique. Pourquoi Fielmann ne vend-il pas de lunettes en ligne?

La direction du groupe réfléchit à la possibilité d’ouvrir une boutique en ligne. Mais il faut se montrer prudent car un tel service présente des limites. Contrairement à un opticien, Internet n’est pas capable de donner des conseils aux clients. L’internaute ne peut pas tester les lunettes alors que cela s’avère indispensable. Des verres mal adaptés aux yeux du porteur peuvent conduire à une multitude de symptômes comme des maux de tête.

Le Web est-il mis à l’écart?

Non, Fielmann va proposer au début du mois de juillet une application mobile pour commander des lentilles de contact. Une fois adaptées en magasin, elles pourront être directement livrées au domicile du client. Un centre logistique sera ouvert à Saint-Gall pour développer ce nouveau service. L’application est déjà fonctionnelle en Allemagne.

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