Qui dit application de communication dit bien sûr avant tout WhatsApp et sa communauté de deux milliards d’utilisateurs sur la planète. Mais il existe des alternatives, plus ou moins connues, comme Telegram, Viber ou encore Signal. Et il y a aussi, parmi les dizaines d’apps de messagerie, un service suisse: Threema. La semaine passée, cette application s’est enrichie d’une nouvelle fonction avec l’introduction des appels vidéo. Threema imite ainsi ses concurrents, mais demeure par contre à la pointe en matière de sécurité et de confidentialité. Fondé en 2012, Threema compte aujourd’hui une vingtaine d’employés basés à Pfäffikon (SZ).

La première différence avec les autres apps de messagerie pour smartphones, c’est d’abord le prix: Threema coûte 3 francs au téléchargement, alors que l’immense majorité de ses concurrents sont gratuits. Trois francs, c’est un prix unique et il n’y a ensuite plus besoin de payer quoi que ce soit – à noter que l’entreprise dit être ainsi profitable. Ensuite, lors de l’inscription, l’app ne demande ni numéro de téléphone, ni e-mail, de manière à permettre une utilisation de manière anonyme. Il est ensuite possible d’ajouter son numéro, pour pouvoir être retrouvé par ses contacts.

Création de sondages

L’utilisation de l’app est très simple, avec quatre onglets principaux en bas de l’écran. Le premier permet de voir la liste de ses contacts, avec la possibilité de voir les niveaux de vérification – trois au total – pour chacun de ses amis. Le deuxième onglet, ce sont les messages: des messages texte, des images et des vidéos, bien sûr. Mais il est aussi possible de partager sa localisation, d’échanger des fichiers, d’envoyer des sons et de créer directement des sondages au sein de l’app, ce qui est pratique pour fixer des rendez-vous. Les appels audio sont possibles, et depuis peu les appels vidéo: pour activer ceux-ci, il faut d’abord passer un appel audio. Le correspondant peut choisir de ne pas activer sa caméra pour cet appel, voire pour aucun appel entrant.

L’onglet «profil» permet de configurer son nom, de consulter son identifiant unique pour Threema et l’empreinte de sa clé. Enfin, le dernier onglet permet d’effectuer de nombreux paramétrages, que ce soit pour la confidentialité, les notifications ou l’apparence.

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Six millions d’utilisateurs

Complet, Threema mise surtout sur la confidentialité pour séduire ses utilisateurs. L’app en revendique plus de six millions au total, dont environ 5% en Suisse. En parallèle, le service pour professionnels Threema Work compte environ deux millions d’utilisateurs au sein de quelque 5000 entreprises, écoles et administrations – à noter que la Confédération recommande d’ailleurs ce service depuis 2019. Si Threema a obtenu cette reconnaissance, c’est parce qu’il estime faire mieux que ses concurrents sur des points sensibles. «Il y a de nombreuses petites et grandes différences avec les autres apps de messagerie, affirme une porte-parole de Threema. Par exemple, nous ne récoltons pas de métadonnées de nos utilisateurs, ce que fait WhatsApp.» Mais la messagerie appartenant à Facebook chiffre elle aussi toutes les communications.

La porte-parole poursuit: «A la différence de Signal, Threema peut être utilisé de manière totalement anonyme, sans numéro de téléphone ni adresse e-mail. Nous sommes aussi une entreprise européenne [Signal est américaine, ndlr], ce qui compte en termes de régulation concernant la vie privée.» La responsable poursuit en affirmant que Telegram ne chiffre pas par défaut les messages, mais que «seulement les «chats secrets», qui doivent être activés à chaque fois, utilisent une forme rudimentaire de chiffrement. Les discussions de groupe ne sont jamais chiffrées de bout en bout et sont donc lisibles par l’entreprise.»

Audits externes

A noter que l’entier du code source de Threema n’est pas ouvert à tous, ce qui vaut à l’app des critiques sur sa transparence et son niveau de sécurité. Pour la porte-parole, le niveau de transparence est au contraire suffisant: «Les éléments de notre code source liés à la sécurité, comme le code de chiffrement et les protocoles, sont open source et consultables par tous (https://github.com/threema-ch). Chacun peut voir comment nous appliquons le chiffrement. Et des experts externes en sécurité nous auditent régulièrement.»