BOISSONS

«Thurella fera son entrée à la Bourse de Berne»

Le groupe alémanique vise le marché américain d'ici deux à trois ans.

Cette année, le jus de pommes va s'inviter sur une corbeille helvétique. «Thurella veut entrer à la Bourse de Berne», a confié au Temps Paul Kundert, le patron de la société. L'entreprise thurgovienne, spécialisée dans les jus de fruits, souhaite rendre le négoce de ses titres plus efficace. Les actionnaires devront encore accepter la modification des statuts lors d'une assemblée générale qui aura lieu le 8 juin.

«Pour ce faire, nous prévoyons une augmentation du capital-actions de quelque 30000 titres», ajoute Paul Kundert. Pour l'heure, la société en compte 63000. Six ans après sa transformation de coopérative en société anonyme, Thurella, basé à Tägerwilen (TG), va donc à nouveau franchir un palier d'importance.

45% des produits sont exportés

L'entreprise, qui a absorbé l'an passé Biotta, lorgne du côté des Etats-Unis comme relais de croissance, le marché suisse des jus de pommes étant arrivé à maturité. Thurella entend surtout croître grâce aux exportations, qui pèsent déjà 45% du chiffre d'affaires. «Mais nous devons faire preuve de prudence. Beaucoup d'entreprises se sont cassé les dents lors de leur implantation outre-Atlantique.»Thurella devrait franchir le cap américain d'ici deux à trois ans.

Forte de 250 employés, l'entreprise va par ailleurs investir quelque 18 millions de francs pour la construction d'un nouvel entrepôt à Eglisau (ZH).

En ce qui concerne la marche des affaires, Paul Kundert prévoit pour cette année une hausse des ventes de 2 à 5%.

«Il s'agit clairement d'un exercice de consolidation après le rachat de Biotta.» L'an passé, Thurella a réalisé un chiffre d'affaires en progression de 18,2% à 186,5 millions de francs. En parallèle, la rentabilité, «insuffisante ces dernières années», devrait également s'améliorer. En 2004, son bénéfice net avait atteint 2,3 millions de francs, pour un résultat opérationnel (EBIT) de 4,33 millions. Les chiffres détaillés pour l'an passé seront publiés dans quelques jours. Selon le site nebenwerte.ch, le bénéfice net 2005 aurait toutefois crû de 16,9% à 2,7 millions. Pour mémoire, la société, au tournant du millénaire, avait frôlé la faillite en raison d'un mauvais positionnement de la marque obi. Un problème réglé depuis. Selon Paul Kundert, le thé froid au chanvre, lauréat d'un prix l'an passé, «fait de son côté un tabac».

Publicité