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L'appli fondée en 2012 a construit son succès sur la mise en relation de célibataires (ou non) avides de rencontres.
© CHRISTIAN BEUTLER

Internet

Tinder se veut organisateur de la vie sociale plutôt que site de rencontre

En mettant en relation des groupes plutôt que des individus, Tinder Social veut emmener l’application aux 50 millions d’utilisateurs un peu plus loin sur le terrain des réseaux sociaux

A l’annonce du lancement de Tinder Social, les blagues de mauvais goût ont vite pullulé sur les réseaux sociaux. Beaucoup n’ont vu qu’une application potentielle à la nouvelle option proposée par la start-up de West Hollywood: l’organisation d’orgies.

La communication de Tinder a tout de suite pris ses distances avec toute référence sexuelle. Sa vidéo de promotion montre des jeunes gens s’envoyer d’un toit d’immeuble à un autre une piñata, sous un soleil que l’on imagine californien. Rires et bonne humeur au programme. Le message est clair: plus on est de fous, plus on rit.

L’appli fondée en 2012 a construit son succès sur la mise en relation de célibataires (ou non) avides de rencontres. Tinder Social compte reproduire le même schéma avec des amis plutôt que des amants. Le site promet d’emblée «d’améliorer votre vie sociale tous les soirs de la semaine».

L’option permet de créer un groupe de quatre personnes maximum autour d’une activité donnée type «aller au cinéma» ou «sortir en boîte de nuit». Comme sur la version originale, les membres du groupe concerné peuvent alors glisser vers la droite les profils qui les intéressent et glisser les autres vers la gauche. Une fois connectés, les deux groupes peuvent échanger sur un chat pour affiner leur organisation.

La version bêta testée au printemps en Australie a d’abord suscité la colère de nombreux utilisateurs quand ils ont découvert que leurs contacts Facebook pouvaient voir leur profil Tinder. Depuis, le défaut a été corrigé et l’option Social ne s’active plus automatiquement.

Au-delà de ce raté, l’expérience a convaincu les dirigeants de l’avenir de leur idée, à quelques ajustements près. Sean Rad a tiré une leçon importante du test australien. «Nos utilisateurs étaient dans une logique d’immédiateté et concernés par ce que qu’ils voulaient faire le soir même», a expliqué dans la presse le cofondateur de l’appli aux 26 millions de «match» quotidiens. Les groupes disparaissent donc automatiquement à midi le lendemain de leur création. «Et votre Uber se transforme en citrouille», s’amuse le site de Tinder Social.

L’intérêt de se diversifier

L’option est disponible depuis fin juillet sur six territoires, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la Nouvelle-Zélande, l’Inde et l’Australie. Mais Tinder n’est ni le premier, ni le seul à tenter l’aventure. En mars dernier, Bumble, décrit comme son rival féministe, a lancé BumbleBFF sur un principe équivalent.

La concurrence de Bumble ou l’échec d’autres applis dans le passé n’inquiètent pas Sean Rad. «Jusqu’ici, cette fonctionnalité n’existait pas sur une plateforme utilisée par des dizaines de millions de personnes, estime le directeur général trentenaire. Les gens apprendront à s’en servir et ils l’adopteront. Elle est faite pour ceux qui veulent briser la glace et se faire des amis dans d’autres groupes d’amis mais qui ont du mal à y arriver dans le monde réel.»

Par définition, une application s’adressant aux célibataires est condamnée à perdre ses clients quand ils se mettent en couple. Tinder a bien compris l’intérêt de se diversifier. Récemment, le site a proposé une option permettant de choisir «son» candidat à la Maison-Blanche et s’est associé aux services de santé britanniques pour promouvoir le don d’organes.

Social «n’est que le premier pas dans la construction des outils qui dynamiteront votre vie sociale», prévient le site. Après quatre ans d’existence, Tinder est prêt à évoluer comme Facebook ou Snapshat avant lui. Quitte à déstabiliser sa clientèle historique.


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