Les superlatifs manquent pour qualifier la performance réalisée par l'horlogerie suisse en 2005. Décembre termine cet exercice en beauté avec une hausse de 23,1% des ventes.

Au final les exportations connaissent une croissance à deux chiffres. Elles s'inscrivent pour la première fois à 12,3 milliards de francs en hausse de 10,9% par rapport à 2004, selon un communiqué publié jeudi par la Fédération de l'industrie horlogère suisse (FH). Ce qui représente un chiffre d'affaires oscillant entre 40 et 45 milliards, sachant que les données récoltées représentent des prix à la sortie d'usines.

Le luxe a tiré le secteur, qu'il soit «accessible» (prix de vente entre 1500 et 9000 francs) ou «exclusif» (prix de vente supérieur à 9000 francs), souligne Mario Montagnani, analyste chez Julius Bär à Zurich.

Cette constatation, rapportée également par la Fédération horlogère, se vérifie dans les chiffres présentés jeudi par le groupe Swatch. Le fabricant biennois annonce une croissance de 8,3% de ses ventes toutes unités confondues à 4,497 milliards. Un record. Et il s'apprête à lancer un nouveau programme de rachat d'actions pour 300 millions de francs.

L'unité montres et bijoux connaît un développement particulièrement rapide de 9,4% à 3,427 milliards. Les marques Breguet, Blancpain, Jaquet Droz et Omega affichent une croissance à deux chiffres, précise le communiqué du groupe. Elles sont toutes positionnées dans le segment du luxe.

Encore plus présent dans le haut de gamme, Richemont - qui détient notamment les marques Jaeger-LeCoultre, Baume & Mercier, Vacheron Constantin - avait annoncé la semaine dernière une hausse de 16% de ses ventes au troisième trimestre (clos le 31 décembre).

L'évolution des exportations helvétiques sur une longue période confirme cette tendance. «La valeur des montres exportées augmente tandis que les volumes baissent. L'horlogerie suisse est focalisée sur le haut de gamme», observe Mario Montagnani.

En 2005, la demande est venue principalement d'Asie. La Chine (+25,7%), Taïwan (+22%) et le Japon (+15,7%) figurent parmi les pays importateurs les plus actifs. Et Hongkong (+7,7%) demeure le second client des horlogers suisses. «C'est un port pour la Chine. Les montres sont livrées là-bas puis distribuées», relève l'analyste de Julius Bär. Le dynamisme des Etats-Unis (+14,5%) et la reprise de l'Allemagne (+11,9%) laissent augurer des lendemains chantants.

Cette année se présente sous de bons auspices, confirme la Fédération horlogère. Le résultat final pourrait dépasser de 5% à 6% celui de 2005, malgré une base de comparaison très élevée. «Nous devrions revenir à une croissance plus modérée. Les Bourses ont connu une année 2005 euphorique. Très bien rémunérés, certains en ont profité pour s'offrir de belles montres. Ils n'achèteront rien cette année. Nous avons atteint le sommet du cycle en termes de croissance. Nous n'allons pas pour autant avoir un résultat négatif», conclut Mario Montagnani.