Industrie

Tissot génère 15% de l’ensemble des volumes de l’horlogerie suisse

La marque locloise, entité de Swatch Group, a écoulé plus de 4 millions de montres l’an dernier. L’optimisme est de rigueur pour l’exercice en cours

Tissot génère 15% de l’ensemble des volumes de l’horlogerie suisse

Industrie La marque locloise a écoulé plus de 4 millions de montres l’an dernier

La filiale de Swatch Group fait preuve d’optimisme pour l’exercice en cours

Lorsque François Thiébaud est arrivé chez Tissot en 1996, la marque produisait quelque 840 000 montres par année. En 2013, la société locloise, en mains de Swatch Group, a atteint une nouvelle dimension, avec une production de plus de 4 millions d’unités. C’est 8,1% de plus par rapport au précédent exercice. Et 376% en sus depuis la nomination du patron.

«En volumes, nous produisons désormais près de 15% de l’ensemble des exportations de montres suisses», s’est réjoui le directeur ­général, à la veille de l’ouverture de Baselworld. En 2012, la marque avait déjà atteint un autre palier, en dépassant pour la première fois le milliard de francs de chiffre d’affaires. Elle rejoignait ainsi Longines et Omega parmi le petit cénacle des marques milliardaires en mains du numéro un mondial de l’horlogerie.

En termes de chiffre d’affaires, Tissot ne donne pas le détail de ses résultats de l’an dernier. Elle a toutefois surperformé la croissance de 2,7% enregistrée par l’ensemble des exportations horlogères. Ainsi, le segment de 500 francs, territoire tarifaire naturel et de prédilection de Tissot, était le seul à enregistrer une croissance à deux chiffres. Une performance habituelle pour la marque locloise. Depuis 1996, et à la seule exception de 2009 – année pour le moins catastrophique pour le secteur (–22%) –, la marque a toujours affiché une progression à deux chiffres de ses ventes. Et ­François Thiébaud entend bien poursuivre sur cette lancée cette année. La tendance, sur les premiers mois de 2014, se poursuit en tout cas pour la marque, qui vient de remporter pour la deuxième année consécutive le Concours international de chronométrie dans la catégorie classique.

Ce qui fait dire à François Thiébaud que «la qualité n’est pas forcément une question de prix». Alors que beaucoup de marques sont montées en gamme ces dernières années, Tissot est restée fidèle à son positionnement, avec des montres allant de 300 à 1000 francs (prix public). «On a tendance à dire que nous nous mouvons dans l’entrée et le moyen de gamme. Mais, même à ces prix, raisonnables, cela peut représenter la moitié d’un salaire mensuel dans des pays pourtant tout proches de la Suisse», selon François Thiébaud, qui supervise aussi les marques Certina et Mido, également en mains de Swatch Group.

Le patron se montre par ailleurs très optimiste à moyen et à long terme pour l’horlogerie helvétique. «La Suisse représente pour l’heure seulement 3% de la production mondiale annuelle en volume. Nous pouvons espérer atteindre bientôt les 5%. Et 10% dans dix à quinze ans. La branche en a les moyens», anticipe François Thiébaud. Ce qui signifierait un triplement des pièces produites, à près de 90 millions de montres annuellement. Selon lui, logiquement, le pouvoir d’achat des clients ne va cesser de progresser ces prochaines années, amenant autant de clients supplémentaires à l’horlogerie.

Tissot, qui prépare des montres connectées via Bluetooth pour la fin de l’année, dispose de 13 500 points de vente, répartis dans 160 pays. Dans les endroits stratégiques, la marque possède ses propres boutiques. A l’heure actuelle, elle en compte 220 unités dans le monde. Fin avril et en collaboration avec Bucherer, elle ouvrira à la Bahnhofstrasse à Zurich. Si le réseau est appelé – dans les grandes lignes – à rester stable, il devra toutefois devenir plus qualitatif, met en garde le patron. En parallèle, la marque va continuer d’étendre ses ventes en ligne via son site. Un service déjà disponible aux Etats-Unis, en France, en Allemagne et au Royaume-Uni, par exemple. «Nous allons encore ouvrir trois à quatre nouveaux pays cette année. Ces ventes sur Internet se développent très vite. Avec des sites accessibles sept jours sur sept, cela fait de belles quantités à la fin de l’année», détaille François Thiébaud. Et ce n’est qu’un début, selon lui.

«La qualité n’est pas forcément une question de prix», selon le patron, François Thiébaud

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