Tissot fait un grand saut. La marque officialise ce lundi le début d’un partenariat avec la NBA, la National Basketball Association, pour une durée initiale de six saisons. «C’est le plus gros contrat que j’ai été amené à signer», confie François Thiébaud. Le patron de l’horloger loclois depuis 1996 n’articule pas de chiffre, mais il s’agit «évidemment de millions».

Cette alliance est une suite logique. En 2008, Tissot avait déjà conclu un partenariat avec la FIBA (Fédération internationale de Basket-ball). La marque s’est ensuite associée à l’image de Tony Parker, le meneur de jeu français qui, avec les Spurs de San Antonio, a remporté quatre fois le titre de champion de… NBA

Tissot est également chronométreur de plusieurs autres fédérations: l’Union cycliste internationale (UCI), la FIE, (escrime), celle de hockey sur glace (IIHF) ou encore la MotoGP – la Formule 1 des deux roues. Globalement, la marque a déjà participé à 70 championnats du monde, calcule François Thiébaud.

S’il a consenti ce nouvel et important effort financier, c’est avant tout pour mieux se faire voir aux États-Unis. Chacun des matches de la finale de NBA 2015, qui a opposé début juin Cleveland à Golden State, a réunis 17 à 19 millions de téléspectateurs dans le pays. «Nous pouvons vraiment progresser sur le marché américain, qui ne représente un peu moins de 10% des ventes», explique le patron d’une marque présente dans 160 pays et qui a écoulé 4,2 millions d’unités, en 2014.

Pas une réponse à Apple

Ni ce contrat, ni les deux nouvelles boutiques Tissot qui seront ouvertes à Manhattan d’ici l’an prochain ne sont une réponse à l’Apple Watch sur son territoire. «Cela n’a rien à voir», assure François Thiébaud.

Par son positionnement sportif et ses prix, Tissot est considérée par des analystes comme la marque la plus exposée à l’arrivée des montres connectées. Une thèse que son patron réfute. «Elles sont complémentaires à l’horlogerie traditionnelle», affirme-t-il, en soulignant que la T-Touch tactile ne représente que 5% de ses ventes. Tissot prépare certes elle aussi une smartwatch, mais «nous n’allons pas baser tous nos produits là-dessus», insiste-t-il.

Via le basket US, la visibilité de Tissot ne sera pas qu’américaine. Elle sera mondiale. Le chiffre d’affaires de la NBA et de ses 30 équipes franchisées flirte avec les 5 milliards de dollars, selon Forbes. Cette multinationale du sport compte des filiales dans 13 pays, revendique une diffusion dans 215 pays en 47 langues et ses produits dérivés sont commercialisés via un réseau de 125 000 magasins à travers le monde.

Un projet pour 24 secondes

Des produits estampillés NBA, Tissot en proposera dans quelques semaines. Et des contrats avec cinq équipes ont déjà été signés. Mais là n’est pas l’essentiel. «Dans tous leurs partenariats sportifs, les marques de Swatch Group (Omega, Longines, Tissot, ndlr) ne se sont jamais limitées à être sponsors. Nous avons toujours voulu participer, apporter une nouveauté pour aider les spectateurs et les téléspectateurs». Ainsi, dès la saison prochaine, Tissot promet d’équiper les 29 salles de NBA d’une nouvelle technologie pour les «shot clocks», ce compte à rebours qui limite les possessions de balle à 24 secondes.

Mais Tissot sera visible dès cette semaine autour des parquets. Pour les «Global Games», qui font office de coup d’envoi de la saison et de tournée promotionnelle, six équipes de NBA vont s’expatrier pour disputer des matches amicaux et officiels à Milan, Madrid, Shanghai ou à Rio. Le tour du monde peut commencer.