Le gouvernement japonais a les yeux rivés sur la Bourse de Tokyo. Jeudi, le ministre des Finances, Kiichi Miyazawa, a évoqué la possibilité qu'un organisme public soit bientôt créé afin de racheter les titres en difficulté et de stopper l'hémorragie financière. L'idée d'un tel organisme avait été avancée vendredi lors de la présentation du plan d'urgence concocté par la coalition au pouvoir dans l'archipel.

Mais le schéma évoqué par Miyazawa va bien au-delà des plans initiaux. Si le projet du ministre des Finances voit le jour, cet organisme public ne serait plus seulement chargé de racheter les participations croisées des entreprises en difficulté (au Japon, beaucoup d'entreprises possèdent une fraction plus ou moins importante du capital de leurs sous-traitants). Il aurait aussi pour fonction d'acquérir des titres malmenés. En clair, l'État japonais deviendrait actionnaire, pour une période limitée, d'un certain nombre de sociétés dans la tourmente. Un rachat provisoire destiné à calmer la tempête boursière et à prévenir une baisse des cours en cascade.

Les autorités de Hongkong avaient agi à l'identique, et avec succès, lors de la crise financière de 1997-98. L'idée d'un tel fonds public d'intervention n'a rien d'étonnant. Elle est liée, au Japon, à la situation problématique des banques, dont les bilans risquent d'être, à la fin de l'année fiscale qui se termine le 31 mars, précipités dans le rouge par la détérioration de leurs portefeuilles boursiers. L'agence de notation Fitch vient ainsi de réviser à la baisse l'annotation des grandes institutions financières de l'archipel.

L'intervention du gouvernement, si elle se concrétise, vise donc à aider les banques à consolider leurs bilans pour leur éviter de se retrouver en défaut de paiement. Fitch affirme, dans son communiqué diffusé jeudi, «sa vive inquiétude face au problème croissant de liquidités» et estime que les banques japonaises ne pourront le surmonter «qu'avec un ferme soutien des autorités».

Nouvelles mesures attendues

Tout va maintenant dépendre du Kabutocho, le quartier de la Bourse de Tokyo. Hier, après une chute initiale supérieure à 3%, l'indice Nikkei a finalement terminé en légère reprise. De nouvelles mesures devraient être annoncées lundi par le gouvernement nippon pour décourager tout mouvement de panique et démontrer que, malgré l'impasse politique actuelle et les menaces de récession, l'archipel n'est pas à la dérive.