Les sociétés de participations sont souvent délaissées par les investisseurs qui n'apprécient pas le manque de liquidité de ces titres. Sur le marché suisse, qui en compte près d'une trentaine, près de la moitié de ceux-ci se négocient au-dessous de leur valeur intrinsèque (NAV: Net Asset Values).

C'est le cas notamment de TOP-T. Introduit à la Bourse suisse en mai dernier au prix de 262 francs, l'action flirte depuis plusieurs semaines avec la barre des 200 francs. Une chute de plus de 20% partiellement infondée puisque la NAV du titre atteignait 241 francs le 11 août dernier, offrant ainsi un discount de 15,7%. «Notre action sous-performe car trop peu d'investisseurs nous connaissent. Nous allons toutefois combler cette lacune en organisant des conférences de presse et des road shows. Nous allons également développer des contacts plus étroits avec les investisseurs. Avant la fin de l'année le discount devrait ainsi être résorbé», affirme Antonio Oro, l'un des deux responsables de la société.

Focalisée sur les technologies de l'information et la technique médicale, TOP-T a également beaucoup souffert de la chute des valeurs technologiques qui suscitent désormais la méfiance des investisseurs. «Cette retenue envers notre société n'est pas justifiée car nos participations n'ont pas subi les mêmes revers que la plupart des autres sociétés technologiques, relève Antonio Oro. Depuis le début de l'année, la valeur de notre portefeuille a ainsi progressé de 9,45% alors que le Nasdaq est toujours en recul de plusieurs pourcent.»

Si TOP-T tire son épingle du jeu, c'est avant tout grâce à une stratégie de placements assez conservatrice. Elle n'investit en effet que dans des sociétés leaders sur leurs marchés respectifs comme Nokia pour la téléphonie mobile, Lucent et Cisco dans le domaine des réseaux sur Internet ou Cree pour les semi-conducteurs. La plupart de ces titres ont assez bien résisté aux raz de marée qui ont frappé au printemps les valeurs technologiques. En privilégiant les leaders, TOP-T risque pourtant de payer au prix fort des titres de sociétés qui ont déjà fait leurs preuves.

Une critique rejetée par les responsables de l'entreprise. «Nous choisissons des secteurs qui recèlent un bon potentiel de croissance et non pas ceux qui sont déjà à maturité», explique Antonio Oro. TOP-T évite par exemple les entreprises qui produisent des PC ou des logiciels de gestion d'entreprise. La société privilégie en revanche celles qui sont actives dans des secteurs comme la production de microprocesseurs, les réseaux de fibres optiques ou les communications sans fil. Des domaines qui, pour les responsables de TOP-T, recèlent encore un bon potentiel et qui devraient de plus profiter de la convergence des nouvelles technologies.

«Internet sera présent prochainement sur la plupart des téléphones mobiles comme sur les écrans de télévision. Dans les maisons, les nouvelles technologies, qui gèrent l'éclairage ou la température font également leur apparition. Lorsque les responsables de TOP-T décident d'investir dans un domaine d'activité, ils ne se contentent pas de choisir quelques valeurs représentatives, mais placent des fonds tout au long de la chaîne de valeurs. En misant sur la téléphonie mobile par exemple, la société n'a pas seulement investi dans Nokia, mais également au sein de sociétés qui produisent des semi-conducteurs et des microprocesseurs. Cette diversification permet de réduire le risque tout en profitant de la croissance tout au long de la chaîne de production de valeurs.

TOP-T doit maintenant prouver au marché que sa stratégie est la bonne. Si les investisseurs y croient, le discount sur le titre diminuera. Elle pourra alors procéder à une nouvelle augmentation de capital, indispensable pour augmenter la liquidité de l'action. La société investie à 80% gère en effet un portefeuille trop restreint, puisqu'il n'atteint que 40 millions de francs.