La crise financière commence à avoir des répercussions sur l'économie, signalent les chiffres trimestriels de Tornos, le fabricant bernois de tours automatiques qui perçoit depuis peu un changement d'humeur chez ses clients.

Au premier trimestre, le résultat d'exploitation a diminué de 33% à 5,7 millions de francs. Le bénéfice net a reculé de 61%. «Depuis le début de l'année, nous sommes moins confiants face aux investissements de nos clients. Ils commencent à les repousser, voire à les annuler. Le climat change en Allemagne, il a déjà tourné depuis quelques mois en France et en Italie», souligne Philippe Maquelin, responsable financier de Tornos.

Selon ce dernier, le ralentissement a engendré la suppression de 15% des capacités de production depuis le début de l'année. «Notre modèle d'affaires est flexible. Les heures de travail hebdomadaire varient entre 16 et 55. L'an dernier, nos collaborateurs travaillaient plus de 40 heures par semaine. Maintenant, les choses ont changé», fait remarquer le chef des finances.

Pour toute l'année, Tornos rajuste prudemment ses objectifs de ventes dans une fourchette de 280 à 320 millions de francs (contre 320 millions précédemment), avec une marge avant intérêts et impôts située entre 7% et 10%. Le titre a chuté mardi de 14,7% à 14,5 francs.

Recul du bénéfice pour Franke

Quant au fabricant d'équipements de cuisine argovien Franke, il a souffert l'an dernier de la hausse des prix des matières premières. En 2007, son bénéfice net a reculé de 2% à 198,8 millions de francs. De plus, la division Systèmes de cuisine, la plus importante du groupe dirigée par Michael Pieper, a subi un recul. La crise de l'immobilier a fait diminuer les installations aux particuliers. Elle a cependant été compensée par une hausse des activités dans la restauration.