Le G20 a commencé samedi soir à Toronto, par un souper de travail. «Presque tous les dirigeants auront l’occasion» de s’exprimer, a annoncé le matin le porte-parole du premier ministre du Canada, pays hôte du sommet. La réunion du G20 compte plus de 70 participants officiels, dont les dirigeants de l’ONU et du Fonds monétaire international.

Le G8, lui a pris fin samedi midi, à Muskoka. La situation économique demeure «fragile», écrivent les dirigeants dans leur déclaration finale. Cependant, la question de la relance ou de l’assainissement des finances publiques, qui divisent Américains et Européens n’a pas trouvé de réponse.

«L’affrontement n’a pas eu lieu», assure Nicolas Sarkozy. Face aux médias, le président français a expliqué que chaque pays agissait en fonction de sa situation. «Nous n’allons pas reprocher» à la Grande-Bretagne qui connaît un déficit de 11% du produit intérieur brut de «prendre des mesures de correction», a-t-il déclaré.

Peu avant, le premier ministre canadien, Stephen Harper, a aussi indiqué que le G8 renvoie devant le G20 les problèmes économiques, pour laisser «le plus petit groupe» se concentrer sur ceux de développement et de sécurité.

Réforme «urgente»

La réunion du G8 (Etats-Unis, de Russie, du Japon, du Canada, de France, de Grande-Bretagne, d’Italie et d’Allemagne) a cependant davantage été consacrée à la sécurité internationale qu’à la situation économique. Ce sujet occupe près de la moitié du communiqué final. Le G8 y condamne la Corée du Nord pour avoir coulé une corvette sud-coréenne en mars. L’Iran est aussi sous pression. Les responsables du G8 attendent d’elle «un dialogue transparent sur [ses] activités nucléaires». Ils demandent «instamment» à tous les Etats de mettre en œuvre «intégralement» les sanctions adoptées contre Téhéran début juin par l’ONU.

La lutte contre le terrorisme a par ailleurs fait l’objet d’un communiqué séparé.

Enfin, Nicolas Sarkozy indique que la réforme de la gouvernance mondiale a été discutée. Une réforme qu’il juge «urgente», et qui reviendrait au G8, le G20 se concentrant sur les questions économiques, croit-on comprendre. La France organisera en 2011 un G8 à Nice, a ajouté le président français. Elle ambitionne de mettre en route la réforme du conseil de sécurité de l’ONU, «bloqué depuis 20 ans». Le Brésil, dont le président est retenu dans son pays en raison d’inondations meurtrières, souhaite y obtenir un siège permanent.

Objectif du millénaire

Le développement, enfin, trouve une place de choix. Dans sa déclaration finale, le G8 rappelle son attachement à l’accomplissement des objectifs de développement du millénaire. Il espère que l’initiative de Muskoka contre la mortalité infantile et maternelle, annoncée vendredi, permettra de récolter plus de 10 milliards de dollars.

Après l’auto-évaluation par le G8 de ses engagements dans ce domaine, publiée pour la première fois cette année, Nicolas Sarkozy a demandé aux pays donateurs de produire la leur l’année prochaine.

Dehors, les mouvements altermondialistes, déçus par les annonces du G8 ont commencé à se réunir pour une marche. Elle aura lieu sous la pluie.