Le conglomérat japonais Toshiba a confirmé, mercredi, dans un communiqué avoir reçu une offre de rachat de la part de la société britannique de capital-investissement CVC Capital Partners.

«Nous n'avons pas été consultés par CVC auparavant au sujet de cette offre et nous avons seulement reçu une proposition initiale hier» (mardi), selon le groupe, ajoutant avoir demandé des informations détaillées de CVC en vue d'examiner «minutieusement» son projet. Un conseil d'administration est prévu mercredi pour discuter de cette offre, a précisé de son côté le directeur général du groupe, Nobuaki Kurumatani, cité par le quotidien économique japonais Nikkei. Sollicité par l'Agence France-Presse (AFP), CVC n'était pas disponible dans l'immédiat pour en dire davantage.

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Selon le journal économique japonais Nikkei, CVC proposerait une prime de 30% par rapport au dernier prix de l'action Toshiba, ce qui valoriserait le groupe à 20,8 milliards de dollars (17,5 milliards d'euros).

Combat contre des actionnaires activistes

Le but de ce rachat serait de rendre le conglomérat japonais plus agile dans sa prise de décision, alors qu'il se débat depuis plusieurs années avec des actionnaires activistes.

Le mois dernier, la direction de Toshiba avait subi une humiliante défaite face à ses actionnaires activistes lors d'une assemblée générale extraordinaire, qui a forcé le groupe à accepter le principe d'une enquête indépendante pour faire toute la lumière sur sa précédente AG ordinaire en 2020. Celle-ci s'était déroulée dans des circonstances douteuses, avec des votes d'actionnaires omis bien que recevables.

CVC Capital Partners et Toshiba se connaissent bien: le directeur général de Toshiba, Nobuaki Kurumatani, a par ailleurs été président de CVC Capital Partners au Japon entre 2017 et 2018, juste avant de prendre la tête du conglomérat.

Un groupe qui joue sa survie

Ancienne perle de l'industrie japonaise, Toshiba a beaucoup perdu de sa superbe depuis un énorme scandale de maquillage de ses comptes révélé en 2015, et des pertes massives surtout liées à la déroute de sa filiale américaine d'équipements nucléaires Westinghouse, aujourd'hui revendue.

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Jouant sa propre survie, le groupe avait alors dû se séparer de nombreux actifs et se renflouer dans l'urgence, ouvrant ainsi sa porte à des fonds activistes. Mais il a depuis assaini ses finances, ce qui lui a permis de revenir fin janvier sur le prestigieux premier tableau de la Bourse de Tokyo.

Toshiba vise pour son exercice annuel écoulé 2020-2021 (clos au 31 mars) un bénéfice net de 70 milliards de yens (537 millions d'euros au cours actuel), pour un chiffre d'affaires de 3070 milliards de yens (23,6 milliards d'euros).

Du fait notamment de ses activités dans le nucléaire, Toshiba est un groupe stratégique pour le Japon, qui a par ailleurs durci depuis l'an dernier son contrôle des investissements étrangers dans des entreprises nippones, implicitement pour se protéger de l'appétit chinois.