Au cœur des marchés

Il est trop tôt pour sonner le glas de la hausse des marchés

La récente vague de ventes constitue davantage une correction du marché haussier plutôt que le début d’un marché baissier, car les fondamentaux restent bien orientés aux Etats-Unis, dans la zone euro et au Japon

Ce mois d’octobre a été le pire pour les marchés financiers depuis pratiquement une décennie. Les actions mondiales ont cédé près de 7%. Cette situation a fait craindre la possibilité de la fin imminente d’une longue période de marché haussier. Mais rien n’est moins sûr.

Certes, les taux d’intérêt réels américains ont augmenté et le bras de fer commercial entre les Etats-Unis et la Chine est susceptible de ralentir la croissance économique comme celle des bénéfices. Pourtant, malgré ces vents contraires, il est probable que la récente vague de ventes constitue davantage une correction du marché haussier plutôt que le début d’un marché baissier. Pourquoi?

Cent vingt récessions analysées

Tout d’abord, les perspectives économiques demeurent assez favorables. La recherche d’UBS a passé en revue 120 épisodes de récession intervenus au cours des quarante dernières années. Sa conclusion: le comportement, décrypté à la lecture des données actuelles aux Etats-Unis, dans la zone euro et au Japon, ne correspond pas à celui déjà observé durant les périodes précédant les récessions. A l’approche d’un pic de cycle, la consommation décélère presque toujours. Or, actuellement, elle s’accélère dans les trois principales économies développées. Idem pour l’investissement dans la zone euro et au Japon.

L’économie américaine, qui est pourtant la plus avancée dans le cycle, demeure robuste. Le mois dernier, plus de 250 000 emplois y ont été créés, un chiffre supérieur aux attentes. Cette progression a contribué à une saine revalorisation du salaire horaire moyen de +3,1%. Si ces chiffres sont susceptibles de favoriser un nouveau relèvement des taux par la Fed en décembre, celui-ci ne devrait pas être suffisamment agressif pour casser la dynamique de croissance actuelle. D’autant que le niveau de l’inflation est proche de sa cible.

Des signes encourageants indiquent que l’économie de la zone euro commence à se remettre d’une période de ralentissement. En outre, les effets indésirables du coup de frein du secteur automobile allemand, suite au durcissement des règles d’émissions de CO2, s’estompent.

Le climat se rafraîchit

Enfin, la croissance des investissements en biens d’équipement en Chine, principalement dans les infrastructures, a entamé une reprise. Si les récentes mesures de relance lancées en été devaient progressivement porter leurs fruits, les autorités chinoises devraient encore en prendre d’autres pour favoriser les ventes de détail. Pour rappel, les ventes d’automobiles, la plus grande sous-catégorie, sont restées dans le rouge pendant six mois consécutifs.

En fin de compte, les dernières semaines ne marqueront pas le début d’un hiver difficile pour les investisseurs, même si le climat va sans aucun doute se rafraîchir.

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