Automobile

Toujours emprisonné au Japon, Carlos Ghosn a démissionné de la présidence de Renault

Le PDG du constructeur automobile français, soupçonné d’avoir omis de déclarer une grande partie de ses revenus au titre de ses fonctions chez Nissan risque jusqu’à 15 ans de prison au Japon

Carlos Ghosn, le PDG du constructeur automobile français Renault, incarcéré au Japon depuis plus de deux mois, a démissionné, a annoncé jeudi le ministre français des Finances Bruno Le Maire à l’AFP en marge du WEF à Davos.

«L’administrateur référent de Renault a reçu hier soir la lettre de démission de Carlos Ghosn», a indiqué Bruno Le Maire. Une source proche de l’entreprise avait également indiqué plus tôt que Carlos Ghosn avait démissionné. «Le conseil d’administration va en prendre acte tout à l’heure», avait ajouté cette source.

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Un duo devrait être nommé pour le remplacer

Une réunion du conseil d’administration de Renault se tient jeudi à partir de 10h00 à Boulogne-Billancourt, près de Paris. Un tandem composé de Thierry Bolloré, adjoint et dauphin désigné de Carlos Ghosn, et de Jean-Dominique Senard, patron de Michelin, devrait être intronisé officiellement à la tête du constructeur automobile.

Thierry Bolloré, 55 ans, assurait l’intérim depuis fin novembre. Il devrait être chargé de la direction générale, tandis que Jean-Dominique Senard, qui fêtera ses 66 ans en mars, deviendrait président du conseil d’administration.

Une fusion entre Renault et Nissan «n’est pas sur la table»

De son côté le constructeur d’automobiles japonais Nissan a annoncé jeudi dans un communiqué avoir entamé le processus d’organisation d’une assemblée générale extraordinaire mi-avril, afin d’entériner la révocation de Carlos Ghosn et de nommer un nouveau membre. Le dirigeant avait été révoqué fin novembre de la présidence du conseil d’administration, mais seule une AG peut le démettre de son poste d’administrateur.

Notre analyse: Carlos Ghosn, le Japon et nous

Si le directeur général de Nissan, Hiroto Saikawa, martèle que l’alliance entre Renault et Nissan, bâtie par Carlos Ghosn, n’est «absolument pas en danger», les interrogations restent importantes. Dimanche dernier, Bruno Le Maire a en tout cas démenti avec vigueur des informations de médias japonais selon lesquels des représentants de l’Etat français auraient plaidé pour une fusion entre Renault et Nissan. Un scénario qui «n’est pas sur la table».

Carlos Ghosn, à la tête de Renault depuis 2005, est incarcéré au Japon depuis plus de deux mois. Il est soupçonné d’avoir omis de déclarer aux autorités boursières entre 2010 et 2018 une grande partie de ses revenus au titre de ses fonctions chez Nissan. Son procès, à l’issue duquel il risque jusqu’à 15 ans de prison, n’aura pas lieu avant des mois.

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