Mobilité

Au tour d’Uber de déposer ses vélos en Suisse

Le groupe californien a enregistré sa filiale Jump, qui propose des bicyclettes électriques en libre service, cette semaine à Zurich. Il sera en concurrence avec une poignée d’autres acteurs, privés et publics, dans la plus grande ville de Suisse

Ils ne sont pas encore visibles. Et Uber reste muet sur la date à laquelle le groupe déposera ses vélos électriques rouges sur les bords de la Limmat. Mais ça ne saurait tarder: la start-up californienne a enregistré cette semaine sa filiale Jump à Zurich. C’est le Tages-Anzeiger qui révélait jeudi l’information: inscrite au Registre du commerce sous le nom Jump Bicycles Switzerland GmbH, elle sera installée dans les mêmes locaux qu’Uber à Zurich.

Tarifs différents

Contacté, Uber n'a pas confirmé l'information. La société dit n'avoir pas «prévu de communiquer autour d’un lancement de Jump à Zurich, ni dans toute autre ville de Suisse». Elle ajoute que «pour l’heure, il nous importe de développer une gamme d’options de mobilité – incluant des voitures,  des vélos ou encore des transports publics – dans l’application Uber, ce afin d’offrir aux gens une alternative à l’utilisation de leur véhicule privé.»  

Capables de rouler à 25 km/h, avec une autonomie de 50 kilomètres, les vélos fonctionnent selon le principe de la flotte libre qui s’est largement développé ces dernières années. L’utilisateur les localise grâce à une application qui permet également de les déverrouiller. Une fois sa course terminée, il peut laisser l’engin où bon lui semble. Aux Etats-Unis, cette location coûte 2 dollars la demi-heure, puis 7 cents par minute supplémentaire. Le modèle n’est pas le même dans les villes européennes. A Lisbonne, le cycliste paie 15 centimes d’euro par minute, tandis qu’à Berlin l’application lui facture 1 euro pour vingt minutes.

A Zurich, Jump arrive dans un marché déjà bien occupé. Plusieurs entreprises s’y sont implantées, avec plus ou moins de succès. Parmi les premiers arrivés, le singapourien oBike a fait faillite et a dû retirer ses bécanes jaune et gris. Le californien Lime est arrivé ensuite avec ses vélos classiques, puis des trottinettes électriques. Ce dernier a d’ailleurs déjà un partenariat avec Uber, qui a en outre investi lors de son dernier tour de financement.

Optimiser le transport

Pour Uber, ces investissements sont un moyen de mettre en place sa stratégie de mobilité, comme l’a exposé son directeur général Dara Khosrowshahi, c’est-à-dire «se déplacer d’un point A à un point B avec le meilleur moyen de transport possible», qu’il s’agisse de la voiture, d’un transport public, d’une trottinette ou d’un vélo.

Lire aussi: Uber veut s’imposer via tous les moyens de transport

Dans la plus grande ville de Suisse, tous ne sont pourtant pas des alliés d’Uber. PubliBike, filiale de CarPostal, a commencé ses activités en 2018, proposant des vélos classiques et électriques, qui, eux, doivent être empruntés et déposer à une station. Smide représente une autre société privée, qui met à disposition des e-bikes. Cette dernière réfléchit cependant à conserver, ou non, sa présence à Zurich.

En effet, Uber arrive au moment où la municipalité a décidé de serrer la vis aux fournisseurs privés de deux-roues en libre accès, provoquant de vives réactions, ces prestataires ayant déjà des difficultés à atteindre la rentabilité. Ces derniers, pour autant qu’ils comptent une flotte supérieure à 30 véhicules, devront ainsi demander une autorisation et s’acquitter de taxes dès le mois d’avril. Ils paieront 10 francs par mois et par engin, tout en devant s’assurer que les vélos n’obstruent plus les rues et trottoirs de la ville comme aux débuts de ces services, causant un certain mécontentement chez les Zurichois.

Publicité