Cet été en Suisse, le début des vacances scolaires a clairement montré que le public avait toujours une grande envie de voyager, de s’évader, de voir de nouveaux horizons. Autant de désirs que la pandémie avait brimés pendant des mois. Le samedi 3 juillet, puis le lendemain, les aéroports de Genève et de Zurich ont accueilli 150 000 personnes. En raison du chaos généré par l’introduction du certificat covid, toutes n’ont d’ailleurs pas pu décoller comme elles l’avaient souhaité.

Cette cohue augurait une reprise bienvenue. Il faut dire que la branche du voyage revenait de loin, de très loin même. En 2020, les arrivées internationales de touristes avaient chuté de 74% par rapport à l’année précédente. Le secteur du tourisme dans son ensemble avait perdu 1300 milliards de dollars.

Reprise dès ce printemps

Dès ce printemps, cependant, le bout du tunnel est peu à peu apparu. Fermées pendant des semaines, les destinations se sont rouvertes les unes après les autres. Les pays très fréquentés comme l’Italie, l’Espagne, la Grèce, le Portugal ou l’Egypte ne voulaient pas revivre un été comme le précédent et se sont faits très séduisants. Les statistiques qui commencent à tomber en ce mois de septembre s’avèrent meilleures que prévu.

Les compagnies d’aviation européennes ont enregistré un nombre de passagers atteignant 65 à 70% du niveau de la dernière année normale, c’est-à-dire 2019. Aux Etats-Unis, les vols internes ont atteint des chiffres similaires. Easyjet a prévu, entre juillet et fin septembre, d’augmenter ses capacités de transport à 60% des niveaux d’avant-pandémie, alors qu’elles avaient plafonné jusqu’ici à 17%. En Espagne, deuxième destination touristique mondiale derrière la France, 4,4 millions de touristes sont venus en juillet. C’est 78% de plus qu’en 2020, mais moins de la moitié des 9,9 millions de personnes enregistrées en 2019. Il y a eu des grands absents, à l’image des touristes britanniques ou encore, bien sûr, des touristes intercontinentaux comme les Américains et les Asiatiques.

L’absence des hôtes étrangers s’est aussi fait sentir en Suisse. Et ces derniers comptent beaucoup. Non seulement, ils représentent, en temps normal, un cinquième des nuitées hôtelières, mais ils sont aussi les plus dépensiers. Ainsi, un Chinois dépense en moyenne 380 francs par jour. Un Indien, un Indonésien ou un Américain, entre 280 et 310 francs. Un Britannique, 210 francs. Ceux qui sont venus cet été, soit les Français, les Allemands, les Belges ou les Suisses, se limitent, eux, à 140 francs par jour.   

Des risques de rechute

Même si les signes de reprise se multiplient partout, personne n’ose faire des prédictions trop optimistes. A court terme, en effet, la plupart des destinations et des compagnies aériennes s’attendent à une rechute pour cet automne. Les anticipations des marchés financiers reflètent aussi cette valse-hésitation. TUI, le plus grand voyagiste du monde, peine à redécoller depuis le début de l’année après avoir chuté de plus de 50% en 2020. Depuis le succès de son entrée en bourse en décembre dernier, la plateforme de location de logements Airbnb, a plus ou moins fait du surplace.

Les compagnies aériennes européennes easyJet et Lufthansa, propriétaire de Swiss, n’ont toujours pas récupéré après leur forte chute l’an dernier. Quant aux titres du géant américain des croisières Carnival, qui avaient cédé presque 60% l’année dernière, ils ont seulement légèrement rebondi en 2021. Dans un registre quelque peu similaire, les actions d’Airbus ont, en revanche, retrouvé des couleurs. Au vu de l’importante demande, l’avionneur européen a prévu d’augmenter la cadence de ses livraisons, et ceci, en dépit de quelque 130 annulations de commandes survenues entre janvier et fin juin. On le voit, le tourisme mondial se porte mieux, mais il n’a pas retrouvé son rythme d’avant la crise. Et personne ne sait vraiment quand, et surtout s’il y parviendra.


Pour plus d'informations: www.bonhote.ch