La Suisse peut faire mieux en matière d'accueil des touristes. Sur un hit-parade de 124 pays réalisé par le World Economic Forum (WEF), elle arrive au 59e rang. Elle occupe aussi des places peu enviables dans le coût de la vie (121e), le prix des carburants (120e), la taxe d'aéroport (59e), le coût lié au terrorisme (40e).

Il n'empêche que la Suisse est championne du monde lorsqu'on prend tous les critères en compte: transport, infrastructure touristique, sécurité, environnement, santé, ou encore les sites naturels et les offres culturelles.

Autre point positif, le soutien politique. «Les autorités suisses ont compris que le tourisme était un secteur clé de l'économie», explique Jennifer Blanke, coauteur du rapport du WEF publié jeudi. C'est la différence avec l'Autriche et l'Allemagne, qui occupent les 2e et 3e rangs au classement global.

Moteur économique

La France, première destination mondiale, occupe la 12e place. Elle est lourdement pénalisée par l'attitude générale négative vis-à-vis du touriste (122e). Sa compétitivité est plombée aussi à cause du coût de la vie ainsi que d'une loi du travail trop restrictive pour recruter ou pour licencier. Selon Jennifer Blanke, la France comme l'Italie ne sont pas ouvertes aux investissements étrangers dans le secteur touristique. L'Italie, 33e au classement général, souffre de la même carence.

«Ce rapport devrait aider les Etats à prendre conscience des faiblesses de leur industrie du tourisme», poursuit Jennifer Blanke. En effet, le secteur représente le plus grand potentiel en termes de création d'emploi et de croissance. Entre 1950 et 2004, les revenus sont passés de 1 milliard à 622 milliards de dollars, et le nombre de touristes a augmenté de 25 à 763 millions. En 2006, le secteur a représenté 10,3% du revenu mondial brut et comptait 234 millions de travailleurs, soit 8,2% de la main-d'œuvre mondiale.