Säntisbahn est une création typiquement appenzelloise. Entièrement en mains privées, la société qui exploite le téléphérique menant au sommet le plus visité de Suisse orientale ne bénéficie d'aucun soutien public de la part des deux demi-cantons qui l'entourent. Et cela malgré le rôle clé que joue le Säntis pour l'économie touristique de la région. «Nous ne recevons aucune subvention, ni de la part des cantons, ni de la Confédération. Au contraire, c'est notre société qui assure en hiver l'entretien des routes qui relient la partie sud d'Appenzell Rhodes-Extérieures à la région du Toggenburg», explique Roland Streule, directeur d'exploitation de Säntisbahn.

Depuis sa première mise en service en 1935, le téléphérique qui relie la station de base de Schwägalp, située à 1350 mètres, au sommet, à 2502 mètres, a toujours été une affaire privée. Le capital-actions de Säntisbahn est composé de 24000 titres qui se répartissent entre 7000 actionnaires. A noter que 4000 d'entre eux ne détiennent qu'une seule action. «Peu de titres sont en vente sur le marché», souligne le responsable.

Chaque année, 750000 visiteurs se rendent au pied du Säntis. Un tiers d'entre eux empruntent le téléphérique. «Nous transportons jusqu'à 5000 personnes les jours de pointe.» Le chiffre d'affaires de la société est relativement stable, même s'il est bien sûr influencé par les conditions météorologiques. Il a atteint 13,4 millions de francs en 2007. «Pour faire face aux fluctuations, le budget est calculé sur un horizon de cinq ans.»

Le Säntis n'étant pas un domaine skiable, la haute saison s'étend de juillet à fin octobre. Accroître la fréquentation du site aux autres périodes est un des défis pour la société. Pour y parvenir, Säntisbahn met sur pied, par exemple, des ouvertures spéciales les soirs de pleine lune ou des soirées de dégustation de spécialités appenzelloises. S'y ajoutent les séminaires d'entreprises sur le site.

La Suisse orientale, Zurich et l'Allemagne du Sud constituent les marchés les plus importants pour les visiteurs individuels. La clientèle d'entreprise est, elle, plus diversifiée. «Nos efforts de promotion se concentrent d'abord sur le marché régional. Nos représentants démarchent les hôtels de tourisme en Suisse orientale ou dans la région du lac de Constance.» Qu'en est-il de la clientèle romande? «En lançant certaines opérations de promotion ciblées, nous avons remarqué qu'il était possible d'accroître le nombre de visiteurs romands. Sinon, ceux-ci tendent à ne pas aller au-delà de Zurich», observe Roland Streule.