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Les touristes du Golfe redonnent le sourire aux hôteliers genevois

Le ramadan terminé, les visiteurs du Moyen-Orient arrivent à Genève. Toutefois, les taux d’occupation ne sont pas toujours à la hauteur des attentes

Depuis environ une semaine, les modèles originaux de Porsche ou de Ferrari immatriculés au Moyen-Orient s’affichent devant les palaces genevois. C’est signe que la clientèle du Golfe a pris ses quartiers touristiques à Genève. Le phénomène coïncide avec la rupture du jeûne du ramadan. La reprise des nuitées reste qualifiée de moins significative que prévu par les milieux professionnels concernés. Cependant, après l’inquiétant trou d’air du mois de février, suivi de semaines jugées globalement satisfaisantes, mais une fin de mois de juillet plutôt creuse, l’arrivée des visiteurs du Golfe a eu pour effet de dérider la plupart des hôteliers de la place.

«Les Moyen-Orientaux repré­sentent 50% de notre clientèle ­actuelle», se félicite Esthel Brun­schwick, directrice marketing et communication de l’hôtel Beau-Rivage. De 65%, son taux d’occupation a grimpé à plus de 80%. Avec pour espoir de poursuivre sur cette tendance jusqu’à la mi-septembre, marquant généralement le retrait des clients moyen-orientaux et la reprise du tourisme d’affaires.

L’InterContinental, un autre cinq-étoiles – toutefois excentré par rapport au Léman –, affiche près de 70% d’occupants du Golfe. Son directeur, Jurgen Baumhoff, reste en revanche plus discret sur le taux d’occupation, si ce n’est que «ce mois d’août s’annonce comme celui de juillet».

Le Président Wilson, quant à lui, préfère ne pas du tout qualifier l’état de ses affaires estivales 2013. Alors que du côté de Four Seasons Hotel des Bergues, l’optimisme est de mise. «D’un taux d’occupation de 55% le mois passé [soit la moyenne annuelle pour les établissements haut de gamme], nous sommes passés à près de 90%», indique son responsable, José Silva. Cela grâce à plus de 30% de Moyen-Orientaux. «Cependant, les séjours de cette clientèle sont en moyenne inférieurs à une semaine, précise-t-il. Et les grandes délégations de 50 à 60 chambres se font très rares.»

Résultat: l’effet de vases communicants entre établissements se partageant les membres d’une même famille a quasiment disparu. Ce qui n’empêche pas le Bristol d’accueillir en ce moment plus de deux tiers de ressortissants du Golfe. «En 2012, le ramadan nous avait pénalisés de la mi-juillet à la mi-août, voire l’entier des deux mois, en raison d’une moindre disponibilité des vols, explique Xavier Collange, directeur du quatre-étoiles supérieur, affichant un taux d’occupation en hausse à 80%. Mais nous nous attendions à mieux cette année, vu l’état de nos préréservations.»

Les clients du Moyen-Orient se sont préenregistrés dans divers ­établissements, misant essentiellement sur la concurrence. «Les prix moyens sont actuellement assez bas, confirme Paul Muller, directeur du groupe Manotel, dont les six hôtels abritent en ce moment 40% de Moyen-Orientaux, contre 60% habituellement. Seule une partie de cette traditionnelle clientèle estivale est là. Les visiteurs de l’Est ont un peu compensé leur absence.»

Cet «effet ramadan» est censé durer jusqu’en 2015. «Même si Zurich compte toujours plus de visiteurs du Golfe, Genève reste le moteur de ce marché, représentant 40% [contre 75% dans les années 1980] de son trafic hôtelier», rappelle Marc-Antoine Nissille, président de la Société des hôteliers de Genève. Le potentiel démographique des pays arabes pourrait notamment suffire à assurer un bel avenir au tourisme provenant de cette région.

Les clients du Moyen-Orient se sont préenregistrés dans divers ­établissements, misant essentiellement sur la concurrence

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