Sur la page d’accueil des voyagistes Kuoni ou Hotelplan, on évoque la Tunisie, destination pour laquelle les touristes peuvent annuler leurs vacances sans frais, mais sur la Grèce, pas un mot. «Certains voyageurs téléphonent pour se renseigner sur la situation sur place, mais nous ne déplorons pas d’annulations», dit Prisca Huguenin-dit-Lenoir, porte-parole d’Hotelplan Suisse. Les îles grecques font partie des trois destinations les plus prisées cet été et Hotelplan Suisse a enregistré une hausse de 13% des réservations par rapport à l’an passé. «Nous notons une légère baisse des nouvelles réservations depuis deux semaines, ajoute la porte-parole. Mais il faut dire que nos charters sont déjà bien remplis pour quelques îles grecques.» Chez Kuoni non plus, on ne signale pas d’annulations, mais quelques coups de téléphone inquiets.

Même si sur les îles, les bancomats sont encore souvent approvisionnés, les voyagistes conseillent à leurs clients de partir avec une bonne réserve d’argent liquide et des cartes de crédit. Sur son site, le DFAE met seulement en garde contre les risques de manifestations, essentiellement à Athènes et sur le continent, et contre les risques de grèves.

Jointe sur l’île de Kéa où elle passe ses vacances, la Genevoise Emilie ne ressent pas de panique particulière: «Tout le monde est assez zen et on ne voit pas de queue au bancomat. Nous avions prévu de prendre suffisamment de liquide, mais au restaurant par exemple, je n’ai pas vu de consignes particulières pour les cartes de crédit.» Partie en Grèce pour assister à un mariage, la Genevoise a rencontré beaucoup de touristes. «Certains craignaient qu’il n’y ait plus de ferry pour rentrer. On a entendu dire qu’un bateau avait été annulé à cause d’un rationnement du carburant, mais je n’ai rien lu à ce sujet. Je pense qu’il s’agit d’une légende urbaine. Je vois partir et arriver des bateaux sur l’île régulièrement.» Seul fait remarquable: un autre touriste lui a raconté être allé demander un bulletin dans un bureau de vote pour le ramener comme souvenir.

«Il règne une atmosphère d’inquiétude, de peur de l’imprévu», rapporte de son côté Lorenzo, Genevois en vacances sur l’île de Leucade. «L’ambiance est tendue car les touristes grecs n’arrivent pas comme prévu. Je n’ai pas rencontré de problème pour retirer de l’argent. Les commerçants ou les hôteliers nous demandent souvent du liquide mais nous avons pu payer pratiquement toutes nos nuits d’hôtels par carte. Un propriétaire de deux magasins d’habits m’a confié qu’il avait vendu sa voiture pour acheter la boutique d’à côté, mais que c’était trop calme en ce moment, qu’il n’y avait pas autant de touristes grecs que d’habitude.»