Le Temps: Quand prévoyez-vous de commercialiser le Tracleer, l'un de vos deux produits phares?

André Müller: Le Tracleer est destiné à deux applications différentes, l'hypertension pulmonaire et l'insuffisance cardiaque chronique. Le produit se trouve actuellement en phase d'enregistrement pour ce qui concerne l'hypertension pulmonaire, aussi bien aux Etats-Unis qu'en Europe. L'autorisation de vente des autorités américaines est attendue pour le troisième trimestre 2001. Et il faut compter deux à trois trimestres de plus pour l'Europe. Pour la Suisse, le Canada ou l'Australie, nous devrions être fixés d'ici à la fin de l'année.

– Sur quel chiffre d'affaires tablez-vous la première année?

– Cela dépend de la date d'enregistrement du produit. Pour l'hypertension pulmonaire artérielle, il s'agit d'un marché de 50 000 à 100 000 patients. Les revenus vont donc dépendre du niveau de prix qui sera fixé. Pour l'instant, nous prévoyons entre 15 000 et 30 000 dollars par patient et par année. Mais il s'agit du même produit que le Tracleer pour l'insuffisance cardiaque chronique, un marché de 10 millions de patients, où les prix sont nettement inférieurs. Même si nous nous concentrerons dans un premier temps sur le segment plus restreint des formes graves d'insuffisance cardiaque chronique.

– De manière à obtenir des prix plus élevés?

– Dans une certaine mesure. Nous avons constaté que le Tracleer était particulièrement efficace dans les cas graves d'insuffisance cardiaque, où les taux de mortalité sont nettement plus importants.

– D'autres applications sont-elles à l'étude pour le Tracleer?

– Une fois le premier enregistrement opéré, de nouvelles applications seront recherchées dans la prévention de l'infarctus du myocarde, après bien sûr des essais cliniques considérables. Il ne faut donc pas attendre d'enregistrement du médicament avant 2005 dans ce domaine.