«En tant que propriétaire nous devrions être au courant, mais aucune proposition de rachat n'est tombée aujourd'hui sur la table, s'exclame Jean-Christophe Deslarez, membre de la direction d'Alusuisse en Valais. Il ne s'agit que de rumeurs, sans plus.» L'article du Nouvelliste paru mercredi affirmait en effet qu'un groupe de financiers alémaniques, spécialistes dans les métaux, était prêt à racheter les usines de Steg.

Cette proposition serait venue d'Albert Bass, chrétien-social démocrate du Haut-Valais. A la tête d'une fiduciaire, il aurait transmis au conseiller d'Etat Thomas Burgener cette information sans qu'Algroup, propriétaire du site, en soit préalablement averti. «Nous allons écrire une lettre à Alusuisse pour leur dire que nous avons été approchés par un tiers», explique Wilhem Schnyder, chef du Département des finances et de l'économie. Impossible toutefois d'en savoir plus quant au nom de la société en question. «C'est un groupe international qui opère en Suisse alémanique ou l'inverse», se borne à dire Wilhem Schnyder, qui affirme ne pas avoir lu de nom dans le dossier.

2500 emplois concernés

Du côté justement des sociétés travaillant dans le domaine, aucune d'entre elles n'a pu confirmer l'information parue dans le quotidien valaisan. Par exemple, la société Glencore, basée dans le canton de Zoug, est l'un des fournisseurs en aluminium pour Algroup. «Nous sommes seulement en relation d'affaires, depuis des années déjà, affirme Lotti Grenacher, porte-parole de la société. Nous n'avons pas l'intention de racheter l'usine de Steg.»Quant à la société Marc Rich, autre groupe de trading d'envergure internationale de métaux précieux, elle aussi basée à Zoug, personne n'a pu, mercredi, répondre à la presse.

L'éventuel repreneur reste donc encore mystérieux, en tout cas jusqu'à ce que le gouvernement valaisan, qui reprenait hier, comme chaque mercredi, ses réunions hebdomadaires, ne veuille en dévoiler le nom. «Ce n'est pas seulement le sort de l'usine d'électrolyse de Steg qui nous préoccupe, mais bien toute la production métallique en Valais, qui représente en tout 2500 emplois», ajoute encore Wilhem Schnyder. Les membres du gouvernement ont aussi repris les discussions concernant la prolongation du rabais énergétique, la participation à la rénovation de l'usine et à une éventuelle exonération d'impôts pour maintenir le site de Steg au moins jusqu'en 2005. Mais ce n'est qu'en février que le Conseil d'Etat valaisan en décidera.