Matières premières

Trafigura ne veut pas être traitée comme une banque

La multinationale basée à Lucerne et active dans le courtage pétrolier et l’affrètement maritime sort du bois pour s’opposer à la directive européenne MiFID II

Trafigura ne veut pas être traitée comme une banque

Matières premières La multinationale s’oppose à la directive européenne MiFID II

Trafigura est montée au front lundi. Dans ce qui ressemble à un baroud d’honneur visant à obtenir une exception au futur régime européen sur les marchés d’instruments financiers (MiFID II). Bruxelles souhaite en effet imposer le statut de banque aux entreprises de négoce de matières premières. A savoir, indique le Financial Times, les soumettre aux mêmes exigences légales en termes de capital détenu.

Lundi, le géant du courtage pétrolier et de l’affrètement maritime a publié un rapport à charge, en collaboration avec Craig Pirrong, professeur à l’Université de Houston aux Etats-Unis, affirmant que la directive européenne, telle que prévue, allait imposer de trop lourdes contraintes au secteur des matières premières, sans toutefois réduire les aléas financiers y relatifs.

Même si les courtiers en matières premières ont recours à des produits dérivés pour couvrir leurs achats et leurs ventes, «ils ne représentent pas un risque systémique», résume, dans son document, la multinationale basée à Lucerne.

«Les mesures envisagées par le régulateur européen ne feront qu’augmenter nos coûts d’exploitation, sans régler le problème de la protection des investisseurs», indique Craig Pirrong.

Entrées en bourse forcées

Selon lui, l’Union européenne a une mauvaise compréhension du secteur des matières premières et réfléchit trop en termes bancaires. «Les négociants n’ont pas accès aux banques centrales pour se conformer aux nouveaux standards de ­liquidités», précise-t-il, au nom de Trafigura.

Et le chercheur d’enfoncer un peu plus le clou: «En renforçant ses exigences, Bruxelles va saper la compétitivité du marché européen. Ses intentions pourraient même contraindre les plus petites entreprises à lever artificiellement du capital, les forçant à entrer en bourse.»

Les autorités européennes doivent finaliser leur nouvelle législation ces prochains mois.

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