Matières premières

Trafigura obtient en justice le silence d’un lanceur d’alerte

Un ancien employé de Nyrstar, une filiale du négociant genevois, estime qu’elle a maquillé ses comptes mais un tribunal zurichois lui a interdit de faire part publiquement de ses doutes. Une injonction qui met en évidence la sévérité suisse vis-à-vis des «whistleblowers»

Violation d’obligation de confidentialité vis-à-vis de son employeur et risque de causer des dommages irréparables à l’entreprise. Tels sont les motifs qui ont conduit en septembre la justice zurichoise à forcer un lanceur d’alerte à se taire, selon La Libre Belgique. Ils renforcent une fois de plus la réputation de la Suisse selon laquelle il n’est pas bon d’être un whistleblower dans le pays du secret bancaire.

L’acquisition en juillet par le négociant genevois Trafigura de la majorité du capital de Nyrstar pose problème, selon un ancien cadre de cette entreprise belgo-suisse. Nyrstar, qui siège à Zurich et à Balen (en Belgique), est spécialisé dans l’extraction et la fonte de métaux comme le zinc, le plomb, le cuivre, l’or et l’argent. Le groupe, qui a publié un chiffre d’affaires de 3,8 milliards d’euros l’an dernier, possède des mines et des fonderies en Europe, en Amérique ainsi qu’en Australie et recense 4200 employés. Mercredi, Trafigura a annoncé de son côté ses résultats annuels pour son exercice clôt en septembre: le bénéfice net s’est élevé à 868 millions de dollars (873 millions l’année précédente) et le chiffre d’affaires ont passé de 181 milliards à 171,5 milliards.