Trafigura fait un pas vers davantage de transparence

Matières premières Le géant genevois va annoncer sa participation au programme ITIE

Glencore, Rio Tinto, Shell, Total… et désormais Trafigura. Selon plusieurs sources, le géant pétrolier basé à Genève devrait annoncer mardi matin sa participation à l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) à partir du début de 2015.

Ce programme réunit entreprises, gouvernements et organisations de la société civile, «pour assurer que les revenus des ressources naturelles profitent bien à tous les citoyens», selon le site internet de l’association. Lundi soir, Trafigura n’était pas joignable pour confirmer cette information.

Selon une source au sein des milieux pétroliers genevois, la nouvelle devrait «secouer toute l’industrie». Et pour cause: des dizaines de programmes existant pour améliorer la transparence de ce secteur connu traditionnellement pour son opacité, «l’ITIE est le plus crédible, parce que c’est un programme qui a fait ses preuves. Si elle est confirmée, la portée symbolique de l’inscription de Trafigura sera potentiellement importante», relève Marc Guéniat, de la Déclaration de Berne.

Dans les faits, l’ITIE concerne avant tout les revenus des pays possédant des ressources en matières premières. Un auditeur indépendant est chargé, d’une part, de collecter des revenus déclarés par l’Etat et, d’autre part, de recenser les paiements déclarés par les entreprises. Il compare les deux résultats et les rend publics.

Pas de coercition

En cas de problème, l’ITIE – lancée par Tony Blair en 2002 et soutenu par les pays du G8 – n’a toutefois pas de pouvoir de coercition, mais si les explications ne sont pas convaincantes, «il peut y avoir une suspension très dommageable pour le pays», commente Marc Guéniat. A l’image de la République démocratique du Congo, suspendue en 2013. Les ONG attendent toutefois de voir «les détails de la participation de Trafigura» pour juger de l’impact concret qu’aura cette annonce.

Basé à Genève et à Singapour, le trader aux 8700 employés et aux 133 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2013 a notamment été épinglé par les ONG pour ses activités en Angola.