La manière dont UBS a finalisé pour environ 15 milliards de dollars la vente de titres hypothécaires d'une valeur nominale de quelque 22 milliards à un fonds du géant américain BlackRock n'est pas le grand nettoyage que beaucoup d'investisseurs souhaitaient. Le transfert constitue certes un signe positif, les analystes saluant la volonté de la banque de réduire son exposition au crédit à risque, qui lui a déjà coûté plus de 37 milliards de dollars de dépréciation. Mais l'opération est financée à hauteur de 11,25 milliards de dollars via un prêt octroyé par UBS, qui continue ainsi à endosser une grande partie du risque.

Les marchés ont mal réagi à ce qui devait être plutôt une bonne nouvelle. Dans la matinée, le cours de l'action UBS a chuté dans un environnement boursier légèrement haussier. A la clôture, le titre a reculé de 3,47%, à 30,64francs. La discrétion de la banque, qui n'a pas souhaité détailler les conditions de la transaction, n'a pas permis aux analystes d'évaluer avec précision la qualité de l'opération. Mais le recul du titre est aussi lié à d'autres facteurs, tels que des rumeurs et des spéculations.

La transaction, annoncée le 6 mai dernier, n'entraîne ni gain ni perte comptable, car les titres vendus étaient déjà comptabilisés pour 15 milliards à fin mars. Sa finalisation marque pour la banque une étape importante dans la diminution de son exposition à cette catégorie d'actifs, précise le patron du groupe, Marcel Rohner.

Les conditions de la vente à BlackRock sont toutefois peu convaincantes, estiment les milieux boursiers. UBS se prive ainsi des chances d'une reprise du marché des «subprime», souligne Helvea, qui regrette que la banque n'ait pas posé toutes les cartes sur la table, mais salue le début d'un processus de désinvestissement. Le marché prévoit que l'opération permet à UBS de ramener ses positions à risque à environ 50 milliards de dollars. Les experts pensent donc que de nouveaux ajustements de valeurs ne sont pas à exclure.